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L'histoire du tartare et du client allergique a changé les façons de faire en restauration

Il y a un an, un serveur de Sherbrooke était arrêté pour avoir servi un tartare de saumon à un client allergique. L'histoire avait fait le tour du pays et avait fait couler beaucoup d'encre. De nombreux restaurateurs ont soulevé des questions quant à leurs responsabilités concernant les allergies de leurs clients.

Simon-Pierre Canuel, un résident de Gatineau, avait officiellement porté plainte contre ce serveur quelques semaines après avoir frôlé la mort. Après enquête, le serveur n'a pas été accusé au criminel, mais le client a tout de même déposé une poursuite au civil d'un montant de 415 000 $.

Depuis ces événements, de nombreux restaurateurs refusent de servir des clients allergiques alors que d'autres mettent en garde leurs clients qu'ils déclinent toute responsabilité advenant une réaction allergique. « Au cours de la dernière année, on a beaucoup plus d'appels qu'à l'habitude pour des questions en lien avec les allergies. Cette histoire a créé une réaction importante », soutient l'agente d'information à l'Association des restaurateurs du Québec, Dominique Tremblay.

Toujours un danger

Plusieurs restaurateurs voulaient comprendre ce à quoi ils s'exposaient si une telle erreur se produisait dans leur établissement. « Les gens s'informaient de leurs responsabilités. Ça a créé aussi de la peur parce que le risque zéro pour les personnes allergiques n'existe pas. Il y a toujours un petit danger. Avant, les restaurateurs servaient les personnes allergiques sans problème, mais là, avec le risque d'avoir une poursuite en plus, ça a fait peur aux restaurateurs. »

Plusieurs suggestions leur sont offertes, selon Dominique Tremblay. « Ce qu'on leur suggère, c'est demander aux personnes allergiques si elles ont leur Epipen sur elles. Des restaurateurs nous ont dit qu'ils utilisaient des ustensiles et des bols de couleur différente pour les personnes allergiques. On met également une seule personne responsable de cette commande pour éviter qu'il n'y ait pas de contamination croisée. » Aussi, il est possible de se procurer une trousse qui contient un auto-injecteur d'épinéphrine.

Des formations seront offertes

Des formations sur le sujet sont également en cours de préparation. « Nous sommes en communication avec Allergies Québec. On va faire des formations en ligne. Ce sera au choix du restaurateur de les faire ou pas. On a voulu offrir des outils supplémentaires aux restaurateurs qui veulent s'informer plus et mettre des procédures en place dans leur établissement. »

Quant à rendre cette formation obligatoire, Mme Tremblay ne croit pas que cela soit nécessaire. « Les restaurateurs sont déjà soumis à de nombreuses lois et la formation hygiène et salubrité est obligatoire, et de rajouter une autre formation, ça rend les choses difficiles. Il y a aussi le roulement de personnel. On ne pense pas que ce soit la solution. De rendre cette formation disponible, nous croyons que ça va soulever de l'intérêt », croit-elle.

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