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L'île de la Province du lac Memphrémagog perd son gardien

Serge Riendeau, le gardien de l'île de la Province, située sur le lac Memphrémagog en Estrie, est décédé le 10 septembre dernier à l'âge de 66 ans. Cette île, d'une grandeur de 0,4 km carré, est à cheval sur la frontière américaine.

« Aujourd'hui, l'île de la Province est un club privé de chasse au faisan. Mon père était le gardien de l'endroit. Il avait la responsabilité de s'occuper de ce qui était beau, ce qui était grand sur cette île. Il s'occupait de la vie des animaux et des gens qui passaient sur l'île. C'est un homme qui gardait le feu de la vie », raconte l'un de ses fils, Mathieu Riendeau. 

Une seule famille à la fois habite l'île. « Mon père l'a habitée au fil des ans avec nous plus jeunes, puis avec les gens qui ont partagé sa vie », ajoute-t-il. « Nous habitions là au début de notre secondaire, à la fin des années 1980. Nous étions pensionnaires, donc nous n'avions pas vécu la complexité du transport que représente le fait d'habiter sur une île. Mes étés d'adolescence, je les ai passés au milieu du lac. Je rejoignais mon meilleur ami en planche à voile au centre du lac », ajoute l'autre fils de M. Riendeau, Jocelyn. 

Travail inusité

Ce travail inusité représentait toute l'originalité qu'était M. Riendeau. « Vous auriez dû voir ses yeux quand un ami lui avait offert cet emploi en lui disant, en même temps, que c'était un job rocambolesque et non recommandé par ce même ami qui lui avait montré l'annonce. Je me souviens de la première traversée. Nous étions au printemps et nous étions en avant du bateau et nous cassions de la glace avec la rame pour aller découvrir cette île-là », se souvient Jocelyn, qui est connu en Estrie pour ses talents photographiques. 

Même si cet emploi était hors du commun, il rendait Serge Riendeau ô combien heureux. « Il aimait le contact avec la nature. C'était un homme qui était sensible aux animaux, mais aussi aux plantes. Avant, il avait été pépiniériste. Il mettait des pommiers au monde. S'occuper de la vie le rendait très heureux », croit Mathieu Riendeau.

Oui, l'homme aura légué l'amour de la nature à ses fils, mais surtout celui du travail. « Quand on est sur une île, tout se calcule en unités de travail. Aller se chercher une pinte de lait, ce n'est pas la même chose que pour les gens qui habitent le continent, comme il disait », se rappelle, avec un sourire, Mathieu Riendeau. 

Il lègue aussi une île remplie d'amour pour les arbres fruitiers aux générations futures. « Il laisse un verger fantastique de 200 pommiers qu'il avait plantés lui-même. Il a aussi planté une allée de marronniers grâce à des marrons qu'il était allé cueillir lui-même d'un marronnier mature au Vermont. Ce sont des choses qui vont lui survivre », conclut-il. 

Les funérailles de Serge Riendeau auront samedi à 14 h en l'église Saint-Jean-Bosco de Magog. 

L'origine de l'île de la Province coïnciderait avec l'entrée de la province de Québec dans la Confédération canadienne le 1er juillet 1867. Elle a également été désignée sous l'appellation Howard Island, du nom d'un de ses propriétaires, Benjamin C. Howard, qui l'avait acquise d'Andrew Zabrieski en 1887, ce qui explique la dénomination Zabrieski Island, également relevée. Source : Commission de toponymie du Québec

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