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L’intervention des pompiers de Nantes décortiquée

Le soir du 5 juillet 2013, la locomotive de tête du convoi de pétrole brut que le mécanicien de locomotive Thomas Harding a laissé à Nantes vers 23h a pris feu. Deux témoins de l'incendie et le pompier en charge de l'opération ont témoigné au procès des trois anciens employés de la Montreal Maine & Atlantic Railway (MMA) accusés de négligence criminelle causant la mort des 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic.

Vers 23h20, Denis Claude Vallée circulait en voiture vers Nantes et a aperçu des flammes s’échapper de la cheminée d’une locomotive. Il a téléphoné au 911 pour signaler l’incendie. Par la suite, il a filmé la scène. D’ailleurs, cinq séquences vidéo ont été présentées au jury.

Selon M. Vallée, environ cinq minutes se sont écoulées avant l’arrivée des premiers pompiers. Au total, entre 15 et 17 pompiers ont pris part à l’intervention dirigée par l’officier-commandant David Grégoire. Ils ont d’abord tenté d’éteindre le feu avec de l’eau, puis de la mousse, sans succès.

David Grégoire a expliqué qu’il connaissait l’existence d’un bouton permettant d’éteindre une locomotive par l’extérieur, en toute sécurité. Un pompier l’a trouvé et le moteur s’est arrêté et le feu s’est éteint.

« Suite à l’arrêt, on a fait un appel à la compagnie MMA. J’ai appelé moi-même chez MMA. On a eu une réponse immédiate. J’ai averti la personne [Daniel Aubé], qu’on a fait une intervention sur une locomotive qui leur appartient. [...] Je lui demande de m’envoyer un représentant de la compagnie sur place. », a-t-il raconté.

Par la suite, l’officier est monté à bord de la locomotive. « J’ai avancé vers l’intérieur de la cabine, je suis rentré à l’intérieur, mon travail est de regarder et de ne toucher à rien. [...] On constate une fiole qui dégoûte. »

David Grégoire a renvoyé les camions à la caserne et quitté les lieux. Toutefois, il est revenu peu après lorsque l’employé de la MMA, Jean-Noël Busque, est arrivé sur place. Ce dernier a communiqué par téléphone avec un collègue de la compagnie.

« J’ai entendu que la personne qui parlait disait que ce qu’on avait fait était parfait et que tout était correct comme ça, il nous félicitait. »

M. Grégoire a donc quitté les lieux. Environ 45 minutes plus tard, il recevait un autre appel l’informant que le convoi avait déraillé et explosé au centre-ville de Lac-Mégantic.

Son témoignage se poursuit mercredi.

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