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L'oeuvre de Suzor-Côté doit rester à Sherbrooke plaide une historienne de l'art

Une oeuvre de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté, qui appartient à la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke, sera mise en vente aux enchères sous peu. C'est la maison Heffel de Montréal qui est chargée de la vente de cette toile intitulée La vieille église de Sherbrooke-Est par temps de neige peinte en 1913. Selon l'historienne de l'art, Monique Nadeau-Saumier, il est primordial que joyau demeure en sol sherbrookois.

« Le tableau a beaucoup d'importance. Il a une valeur historique, mais aussi affective. [...] Il faudrait un riche mécène ou plusieurs mécènes ou une fondation qui pourrait se porter acquéreur de l'oeuvre pour la remettre au Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Il y a beaucoup de grandes oeuvres qui sont parties faute de musées qui pouvaient les accueillir. »

Le Musée des beaux-arts de Sherbrooke n'a pas de budget d'acquisition. Selon la conservatrice du musée, la volonté de l'église était que l'oeuvre reste à Sherbrooke. Des contacts ont été faits, en vain.

La paroisse n'avait d'autre choix que de procéder à sa vente pour renflouer les coffres. « C'est une oeuvre dont on connaissait l'existence dans le milieu, mais c'était très discret parce qu'elle n'était pas montrée au grand public. Elle avait été donnée, c'est important de le souligner, par la veuve de Suzor-Côté, Mathilde Savard qui était sherbrookoise. Elle était plus jeune que lui. Elle l'avait épousé alors qu'il était en perte d'autonomie. Après voir fait un ACV et étant paralysé, elle l'a accompagné en Floride. Finalement, ils se sont mariés. Elle a vécu très heureuse avec cet homme qui était un bon vivant. Après la mort de son mari, elle a liquidé le fond d'atelier. Elle avait besoin d'argent évidemment, mais elle a offert cette oeuvre en don », explique la professeure en histoire de l'art à l'Université du troisième âge de Sherbrooke, Monique Nadeau-Saumier. Ce don, selon elle, laisse supposer que Mme Savard était une paroissienne de cette église. 

La toile est évaluée à 150 000 $. « La valeur est toujours aléatoire surtout quand on passe aux enchères. Ça peut aller d'un côté comme de l'autre. C'est sûr que la cote de Suzor-Côté est excellente parce qu'on lui a consacré une grande exposition, en 2002, qui a voyagé. C'est sûr que ça aide. C'est un artiste qui a été beaucoup collectionné. Il a été apprécié de son vivant non seulement des canadiens-français, mais aussi des anglophones. Le sujet, c'est une église, ce qui est particulier, car il a peint beaucoup de paysages d'hiver », explique Mme Nadeau-Saumier.

Beaucoup inspiré par les Cantons-de-l'Est

Ce n'est pas la seule oeuvre peinte par Suzor-Côté qui a trouvé son inspiration dans les Cantons-de-l'Est. « Il a peint aussi le barrage de la rivière Magog, à Sherbrooke, en 1913. Il était aussi collectionné par de grands mécènes dont le propriétaire de la maison Beaulne. Suzor-Côté a aussi peint dans le secteur du lac Massawippi, entre autres, une érablière. Il y a beaucoup de liens avec la région. »

L'encan est prévu le 25 mai prochain à Montréal. Les gens intéressés par l'oeuvre pourront la voir à la galerie de la Maison Heffet du 5 au 7 mai 2016. Les estimations de prévente, lesquelles seront rendues publiques dans le catalogue publié en avril, sont entre 100 000 $ et 150 000 $. Le prix de réserve (le prix de départ) demeure confidentiel jusqu'au soir de la vente.

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