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L'Université de Sherbrooke en appui à la formation des médecins maliens

Des médecins maliens sont présentement à l'Université de Sherbrooke (UdeS), dans le cadre du programme DÉCLIC, pour recevoir une formation visant à améliorer leurs pratiques professionnelles. 

Ces médecins sont venus apprendre des méthodes pédagogiques alternatives, pour qu'ils puissent mieux transmettre leurs connaissances et leurs rétroactions à leurs étudiants. 

« Nous constatons que nous ne sommes pas suffisamment outillés en termes de pédagogie pour faire apprendre un apprenant », explique le médecin malien Coulibaly Kafougo Bréhima. 

C'est une relation de longue date qui unit l'UdeS et le pays d'Afrique de l'Ouest. Le programme DÉCLIC, qui sert à former des professionnels de la santé dans les communautés maliennes et à améliorer la médecine communautaire, a vu le jour en 2010. Des partenariats existent toutefois entre eux depuis 20 ans. 

« À l'UdeS, nous avons été chercher la pédagogie d'enseignement, de médecine de première ligne, qui n'existait pas », souligne le Dr Mahamane Maïga, pionnier de la médecine communautaire au Mali.

« Il y a un problème de ressources humaines en santé dans des pays, comme le Mali », explique le Dr Dr François Couturier, professeur à la faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke.

« Il n'y en a pas assez, et souvent, leur formation ne répond pas aux besoins réels des populations. On essaie de combler cet écart-là, entre ce qui est offert et la demande. »

Le développement de la médecine communautaire y est difficile, ajoute le Dr Maïga, parce qu'elle « s'adresse d'abord aux pauvres, et la santé a un coût ». De plus, il est très ardu selon lui d'attirer les nouveaux médecins dans les milieux ruraux, où vit 80 % de la population, en raison des conditions de vie plus difficiles qu'en ville.

Pourtant, ce sont ces régions qui ont le plus besoin de ces nouveaux médecins, soutient le Dr Couturier, particulièrement pour améliorer la santé maternelle et infantile, un élément névralgique du partenariat entre le Mali et l'UdeS.

« Le Mali, c'est l'équivalent de ce qui était au Québec, dans les années 50. De grosses familles, un taux de mortalité élevé pour les mères, les enfants », explique le Dr Couturier. 

L'UdeS a permis la formation d'une soixantaine de médecins, et l'implantation de cinq centres de santé, l'équivalent des unités de médecine familiale québécoises.

Des bénéfices à sens unique?

La formation devait être offerte au Mali en novembre dernier, mais a été annulée à la suite d'un attentat meurtrier. La situation instable dans ce pays, à la suite du coup d'État en 2013, a également suspendu la formation des étudiants québécois dans ce pays,

« Le programme a toutefois pu continuer, parce qu'on avait des racines profondes au Mali. L'équipe est très forte, très solide », souligne le Dr Couturier, qui ne croit pas qu'il faut abandonner le Mali même si la formation se fait à sens unique, d'autant plus que l'objectif premier n'était pas la formation d'étudiants sherbrookois. « Ça nous apprend beaucoup. Il y a cette espèce d'humanité partagée aussi, qui est très importante. »

Les stagiaires québécois se rendent maintenant en Haïti et selon le Dr Couturier, l'expérience malienne a permis de développer une approche beaucoup plus efficace auprès des Haïtiens.

Un programme qui prend fin

C'est une subvention de l'ancienne Agence canadienne de développement international (ACDI) qui permet au programme UdeS-Mali d'exister, mais elle prend fin l'année prochaine.

Les intervenants espèrent que ce financement sera reconduit, d'autant plus que l'objectif ultime du projet, améliorer la santé des mères et des enfants, n'est pas encore atteint.

« On aura un premier groupe [de médecins formés] sur le terrain, maintenant, c'est de les accompagner, explique le Dr Maïga. Il n'y a pas de spécialistes en la matière au Mali. On peut venir chercher cet accompagnement à Sherbrooke. »

Le Dr Couturier souhaite d'ailleurs que ce projet s'étende à la grandeur du pays.

« On ne laisse pas tomber ses amis quand ça va mal », insiste-t-il. 

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