Retour

La consommation d'alcool des jeunes Sherbrookois regardée de près

La consommation d'alcool chez les jeunes de Sherbrooke et son lien avec les méfaits publics ont intéressé le Centre canadien sur les dépendances et l'usage de substances (CCDUS). Dans un rapport, dévoilé mercredi, on soutient que « la collaboration de la communauté pourrait être la solution. »

Un texte de Geneviève Proulx

« Le projet ne s'est pas passé à Sherbrooke parce que la situation est pire qu'ailleurs. Au contraire, la consommation excessive d'alcool est un phénomène répandu partout. Ce qui est unique à Sherbrooke, c'est que la communauté a décidé de faire front commun et de bâtir un partenariat efficace pour lutter contre les méfaits de l'alcool chez les jeunes », explique, d'entrée de jeu, l'analyste principale, recherche et politique au CCDUS, Catherine Paradis.

C'est à la suite d'une invitation de Sherbrooke, Ville en santé qu'un comité de travail qui regroupe des médecins, des policiers, des représentants des écoles secondaires, des cégeps, des universités, de la santé publique a été créé. « Tout le monde qui peut aider à minimiser les méfaits de la consommation d'alcool chez les jeunes se sont rassemblé à cette table », dit Mme Paradis.

Selon les données recueillies, plusieurs constats ont pu être établis. « Le premier est que la consommation d'alcool est répandue. Neuf jeunes sur dix consomment de l'alcool avant l'âge légal. On a aussi amassé des indicateurs de la criminalité liée à l'alcool. Il y a vraiment des pointes. C'est au même moment de l'année où il y a une hausse du nombre d'admissions à l'urgence, que l'on constate qu'il y a plus de méfaits liés à l'alcool. Il y a des moments précis dans l'année qui sont plus propices à des dérapages », analyse-t-elle.

De 2012 à 2017, 9,4 % des jeunes admis à l’hôpital pour un problème lié à l’alcool étaient accompagnés par des policiers lors de leur arrivée à l’urgence.

Des solutions maintenant

Le rapport a identifié des périodes de l'année, qui diffèrent selon l'âge des consommateurs, où les risques sont plus élevés. « Chez les mineurs, c'est en lien avec la fin de l'année scolaire, les bals de finissants, la fête de la Saint-Jean, la Fête du lac des Nations. Pour les jeunes d'âge légal, ce sont plutôt les moments liés à la rentrée scolaire où on remarque un plus grand nombre d'événements négatifs. »

Avec en mains toutes ces données, les membres du comité ont mis leur expertise en commun pour trouver des solutions. « On a remarqué que lorsque les jeunes boivent de la bière réduite en alcool, ils ont autant de plaisir et commettent moins de méfaits. Quelqu'un a imaginé un projet où on pourrait collaborer avec une microbrasserie que l'on mettrait au défi de brasser une bière à un taux maximum d'alcool de 3,5 %. Cette bière pourrait être vendue dans les événements à haut risque », donne en exemple Catherine Paradis.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Un homme danse sur le toit de sa voiture





Rabais de la semaine