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La greffière de la Ville de Sherbrooke ne présidera pas l'élection municipale de 2017

La greffière de la Ville de Sherbrooke, Isabelle Sauvé, a annoncé, lundi soir, qu'elle préfère se retirer de son rôle de présidente de l'élection municipale de 2017. Elle demandera à la Commission municipale du Québec de la relever de cette fonction.

Un texte de Brigitte Marcoux

« Je refuse de m'exposer et d'exposer mon équipe à travailler aussi fort pour la prochaine année dans un climat semblable. J'en déduis que je suis l'outil utilisé pour des intérêts politiques qui visent mon conjoint et je refuse d'être ce véhicule » a déclaré Me Sauvé à l'ouverture de la séance du conseil municipal de lundi soir.

Cette décision survient quelques jours seulement après que son conjoint, le conseiller Serge Paquin, eut annoncé qu'il quitte le parti du maire, le Renouveau sherbrookois. M. Paquin a pris cette décision pour éviter tout conflit d'intérêts. Il occupe actuellement le poste de président du comité éxécutif et préside les assemblées du conseil municipal.

Dimanche dernier, cinq élus indépendants de Sherbrooke ont convoqué les médias pour exiger la démission de Serge Paquin de son poste au comité exécutif.

« Même s'il quitte le parti, il conserve tous ses pouvoirs réels à titre de président du comité exécutif et conserve son salaire pour ses fonctions. La seule chose qu'il fait, c'est qu'il déchire sa carte du parti, mais ça fait trois ans qu'il travaille main dans la main avec le maire Sévigny » a déclaré la conseillère Hélène Dauphinais.

Serge Paquin s'est dit complètement abasourdi de cette attaque de la part de certains conseillers indépendants. « Vous avez dit que tout ça était motivé par l'appât du gain. C'est l'attaque la plus mesquine que j'ai eue à subir en 26 ans de carrière. Ça me donne des haut-le-coeur », s'est exclamé M. Paquin.

« Tout ce que je peux te dire, Isabelle, c'est que j'ai honte. J'ai la certitude que tu paies pour quelque chose qui n'est pas de ta faute. Tu es une victime collatérale de quelque chose », a dit le conseiller Bruno Vachon.

La conseillère Danielle Berthold n'a pas caché sa déception de voir Me Sauvé renoncer à l'organisation de la prochaine élection. « J'ai mal à ma politique ce soir » , a-t-elle dit.

Climat tendu

Plusieurs élus ont aussi profité du tour de table pour dénoncer le climat qui règne à l'Hôtel de Ville de Sherbrooke depuis quelque temps.

La conseillère Nicole Bergeron a fait état d'un climat malsain au conseil, affirmant que cela entachait l'environnement de travail. Elle attribue cette tension à la présence d'un parti politique.  « Je considère que cela a eu un impact négatif. Ce que je vis dans ce présent mandat, je ne l'ai jamais vécu auparavant, et c'est dommage. On est dû pour se parler », a-t-elle ajouté.

Selon la conseillère Annie Godbout, la présence d'un parti politique à Sherbrooke n'a rien de positif. « J'ai l'impression que c'est juste du négatif. Ça ne sert qu'à nous diviser et à créer des clivages. »

Le maire a rapidement défendu l'existence de son parti. « Je vous rappelle qu'au premier mandat il y avait un parti politique avec trois conseillers municipaux du Renouveau Sherbrookois, et jamais le climat n'était celui-là. »

 

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