Retour

La mère de Lac-Mégantic menacée d'extradition pour enlèvement est libérée

La mère de famille de Lac-Mégantic menacée d'extradition aux États-Unis a été libérée sous conditions en attendant la suite des procédures judiciaires.

Un texte de Marie-Hélène Rousseau

« Madame M » tente toujours d'éviter un procès pour l'enlèvement de ses trois enfants, qu'elle souhaitait présumément soustraire à la violence de leur père.

Celle qu'on ne peut nommer pour protéger l'identifié de ses enfants était détenue à la prison Leclerc de Laval depuis le 2 août dernier, alors que la ministre fédérale de la Justice Jody Wilson-Raybould avait annoncé son refus d'empêcher son extradition.

« Madame M » a subi trois procès concernant son extradition. En décembre dernier, la Cour suprême avait finalement tranché qu'elle devait quitter le pays. La famille espérait que la révision judiciaire de la ministre Wilson-Raybould soit favorable à la mère de famille, mais il en a été autrement.

Son avocate, Me Marie-Hélène Giroux croit avoir de sérieux motifs pour contester la décision de la ministre. D'abord, elle estime qu'elle n'a pas suffisamment tenu compte de l'intérêt des enfants, qui ont besoin de leur mère et qui seraient traumatisés par son extradition.

Ensuite, elle affirme qu'au Canada, une personne peut enlever ses enfants pour les soustraire à un risque pour leur sécurité.

« En droit canadien, cette défense-là existe. Donc, au Canada madame pourrait faire valoir la défense de nécessité et à ce moment-là ne serait pas reconnue coupable », explique Me Marie-Hélène Giroux.

« La bataille continue! »

Il y a six ans, la mère de famille s'était réfugiée dans un centre venant en aide aux victimes de violence conjugale de Lac-Mégantic. 

« Pour nous, c'est vraiment une bataille de fond qui est nécessaire en lien avec la situation », soutient la directrice générale de la Bouée régionale de Lac-Mégantic, Sylvie Morin, qui a accompagné la famille à travers toutes les procédures judiciaires.

« Quand on se rappelle la situation, madame a décidé d'emmener ses enfants au Canada parce que ces derniers étaient violentés par le conjoint et d'ailleurs, ils ne veulent pas retourner aux États-Unis. Pour nous, c'est vraiment une bataille de fond qui est nécessaire en lien avec la situation », soutient Sylvie Morin.

Des enfants soulagés, mais toujours inquiets

Les enfants de « Madame M » sont aujourd'hui âgés de 15, 16 et 19 ans. Les deux plus jeunes, ses deux filles, étaient présentes en Cour ce matin lorsque la libération conditionnelle de leur mère a été annoncée.

« Ça me blesse beaucoup de savoir que ce n'est pas fini. N'importe quoi pourrait arriver. Je vais garder espoir et rester en contact avec les gens qui nous soutiennent », a-t-elle ajouté.

Les deux sœurs ont tenu à rappeler que leur mère a pris une bonne décision en le emmenant vivre au Canada. « Elle nous a sauvé la vie », disent-elles.

Les enfants en ont assez des procédures judiciaires complexes et stressantes qui perdurent depuis maintenant six ans et espèrent que la famille pourra un jour vivre paisiblement, loin des salles de Cour et menace d'emprisonnement.

« On est partis pour avoir une meilleure vie. On espère qu'on pourra l'avoir. Pas question de lâcher, on est rendus bien trop loin. »

Selon Me Giroux, le dossier pourrait être étudié par la Cour d'appel d'ici six à neuf mois.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine