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La murale osée du parc Victoria a été modifiée

Les modifications exigées par la Ville de Sherbrooke sur la murale du parc Victoria ont finalement été apportées au cours des dernières heures. Tout d'abord nues, les femmes sont maintenant représentées avec une robe.

La murale d'Olivier Bonnard est inspirée de l'oeuvre La Danse de Henri Matisse. Au départ, elle représentait deux femmes nues qui sont en suspens dans les airs avec des instruments de musique qui cachent leur pubis. Elle a été peinte en vue du Festival Bohémia qui aura lieu en fin de semaine prochaine.

La conseillère municipale Hélène Dauphinais jugeait l'oeuvre de départ sexiste. « La féministe » en elle se dit « qu'encore une fois, ce sont des femmes nues qui sont présentées et qu'on y idéalise le corps de la femme ». De plus, elle ajoute que « cette nudité-là inciterait à venir faire des graffitis à caractère sexuel. »

La Ville n'a pas pu donner son accord à la production de l'oeuvre puisqu'il y a eu un malentendu sur la transmission ou non du croquis au comité Tags et graffitis.

L'avis d'une spécialiste

« En tant que spécialiste de l'art public, j'étais déçue de ma Ville. C'est une oeuvre qui est bien réalisée, qui fonctionne. C'est un artiste qui est reconnu et je pense qu'il a respecté le contexte de création. C'est une oeuvre in situ qui est faite en fonction d'un lieu ou d'un contexte. C'est fait dans le cadre du Festival Bohemia, dans une agora qui va recevoir des spectacles. Ce sont deux femmes nues qui dansent. Ça va bien avec le festival. C'était de bon goût et il n'y avait rien d'offensant », soutient la responsable du Certificat en arts visuels de l'Université de Sherbrooke, Josianne Bolduc.

Cette dernière soutient que l'oeuvre en question n'a rien de sexiste. « Je l'ai vue comme les organisatrices, c'est une oeuvre féminine qui n'a rien d'offensant et qui n'est pas très explicite. C'est un clin d'oeil à l'histoire de l'art. On voit beaucoup ça en art contemporain. C'est important d'aller plus loin pour montrer toute la diversité qui se fait en arts visuels. Ça aurait pu donner aux familles un bon sujet de discussion sur c'est quoi l'art. La Ville a empêché que cette discussion ait lieu. »

Mme Bolduc croit que la Ville n'aurait pas dû agir si rapidement et aurait dû consulter des spécialistes avant de prendre position.

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