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La restauration, un monde imparfait, plaident les serveurs de Sherbrooke

L'erreur est humaine, disent plusieurs serveurs rencontrés jeudi soir à Sherbrooke. Selon eux, autant le serveur que le client sont à blâmer dans cette histoire d'un homme allergique qui a frôlé la mort parce qu'il s'est fait servir le mauvais plat.

Et surtout, ils croient que les accusations de négligence criminelle qui planent sur le jeune serveur sont exagérées.

« Il a peut-être fait l'erreur de lui apporter, mais le client a aussi fait l'erreur de ne pas porter attention. [...] Je pense que ça peut arriver à n'importe qui », soutient Émilie*, une serveuse qui a un an d'expérience derrière elle. Une accusation de négligence criminelle « est peut-être cher payé », ajoute-t-elle.

C'est aussi ce que croit Sara, qui travaille au restaurant Méchant Steak.

« Chaque serveur a droit à l'erreur. Ça fait 15 ans que je suis dans le métier. J'ai fait des erreurs », raconte-t-elle. Comme parfois servir un tartare de bœuf au lieu d'un tartare de saumon, à l'instar du jeune serveur du Tapageur, arrêté mercredi par le Service de police de Sherbrooke.

« De plus en plus, les gens exigent la perfection de nous. [...] Je trouve ça dommage, c'est un événement isolé, mais je ne mettrai pas la faute sur ce serveur », maintient-elle.

Des risques d'accusation de négligence criminelle? « C'est grave, très grave », admet Maxime, un serveur dont le patron refuse qu'on nomme le restaurant « par solidarité avec Le Tapageur ».

« C'est sûr que les versions des deux côtés sont valables, sont justifiables. L'erreur aurait pu être évitée oui de la part du serveur, mais elle aurait pu être gérée de la part du client », estime-t-il.

Du même souffle, il admet toujours faire « extrêmement attention » dans des cas d'allergies. « C'est notre travail aussi. »

Serveuse au restaurant Auguste, Lysandre Vaugeois abonde dans le même sens. Les outils existent pour signaler une allergie en cuisine, mais « ça peut arriver ».

Conscientiser serveurs et clients

Propriétaire des restaurants Méchant Steak et Masala, Stéphanie Maillard, qui est également serveuse, admet que l'histoire est « très triste », mais ajoute que la responsabilité est partagée.

« Le gars doit s'en mordre les doigts aujourd'hui. Qu'il ait un dossier criminel pour ça, je trouve ça excessif. On n'est pas des chirurgiens », dit la femme d'affaires.

Elle croit pourtant que ce triste cas pourra servir à sensibiliser autant les serveurs que les clients du restaurant.

« Ça fait tellement de bruit cette histoire. Les serveurs vont se conscientiser eux-mêmes. Je sais que les clients vont le faire eux-mêmes aussi après avoir lu cette histoire », conclut-elle.

Propos rapportés par Christine Bureau

*Cette serveuse a voulu conserver son anonymat

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