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La tragédie de Lac-Mégantic sous la loupe de spécialistes en communication

Comment la crise survenue à la suite du déraillement d'un train à Lac-Mégantic a été gérée d'un point de vue des communications? C'est sur cette question que se sont penchés Marie-Ève Carignan et Marc D. David, professeurs au Département de lettres et communications de l'Université de Sherbrooke.

Un texte d'Émilie Richard 

Les deux experts reviennent tout juste de Suède et d'Aix-en-Provence où ils ont présenté leur étude. Selon eux, les différents intervenants qui ont eu à gérer les communications au moment de la crise ont fait un travail d'exception. « Ils ont réussi à faire des stratégies de communication extrêmement efficaces dans un contexte difficile. »

Les médias sociaux déclassés

En parlant, entre autres, avec des intervenants de la Santé publique, des médecins et des porte-paroles qui ont travaillé sur le terrain, Marie-Ève Carignan et Marc D. Davidont constaté que les moyens de communication mis en place pour gérer la crise étaient vraiment différents de la façon de gérer des crises normalement, surtout à l'ère des nouveaux médias.

« Si on demande à nos étudiants, est-ce que vous utiliseriez la radio en tant de crise? La plupart dirait non et mentionnerait Facebook ou Twitter. Mais la radio, la radio locale, s'est avérée l'un des médias les plus efficaces pour communiquer l'ensemble des messages complexes dans le cas de Mégantic », explique Marc D. David.

Les médias sociaux peuvent être très efficaces, mais tout dépend du contexte, du message et des cibles à qui l'on souhaite s'adresser.

« Avec un peu d'effroi, on a constaté qu'à Lac-Mégantic, mais c'est aussi le cas partout au Québec, il y a encore des problèmes de littératie. Utiliser l'écrit pour transmettre de l'information importante devient alors problématique », ajoute le professeur David.

La transmission de l'information de personne à personne a donc grandement contribué, dans le cas de la tragédie de Lac-Mégantic, au succès des communications de cette gestion de crise. Les deux professeurs de l'Université de Sherbrooke souhaitent approfondir leur recherche. Ils ont été invités à d'autres conférences internationales qui se tiendront en Floride et à Prague dans les prochains mois.

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