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Lac-Mégantic : cinq ans plus tard, les citoyens tournent leur regard vers l'avenir

Lanternes en main, le regard de la centaine de Méganticois présents à la marche des porteurs de lumière est résolument tourné vers l'avenir. À la veille de la tragédie ferroviaire, ces gens de tous âges ont marché silencieusement côte à côte jeudi soir pour souligner ensemble le cinquième anniversaire.

Dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013, un train transportant du pétrole brut a déraillé en plein centre-ville de Lac-Mégantic, faisant 47 victimes. Cinq ans plus tard, la population a tenu à se rassembler pour commémorer l’évènement. « On s’en souviendra toujours, ce n’est pas quelque chose qu’on peut oublier », a lancé d’emblée l’une des participantes.

Citoyens, familles des victimes, politiciens... ils ont tous arpenté les rues de la ville, de l’église Sainte-Agnès jusqu’au cimetière, pour se montrer solidaires. « C’est pour accompagner ceux qui ont été blessés par la tragédie, a ajouté un marcheur. C’est pour être près d’eux autres, pour être un soutien. »

« On voulait inviter les gens à se réapproprier ce bout de terrain qui est lourd d’histoire, mais où on avait l’habitude de se rassembler et de vivre des beaux moments, a expliqué la mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin. Cette année on a voulu ramener cette idée qu’on peut y retourner et que ça fait du bien d’y aller tranquillement, mais sûrement. »

Une cérémonie forte en émotions

Les marcheurs se sont d’abord rassemblés à l’église Sainte-Agnès dans le cadre d’une cérémonie animée par l’abbé Steve Lemay. L’homme a officié à Lac-Mégantic à l’époque de la tragédie.

« Les sentiments sont mélangés. C’est certain que toute la semaine j’étais habité par des souvenirs, les souvenirs pénibles de la nuit même, des jours qui ont suivi, des nombreuses funérailles qui ont eu lieu, mais en même temps j’ai de la reconnaissance pour ce qui a été fait », a confié Steve Lemay.

Le prêtre a aussi tenu à souligner le courage de la population à travers les épreuves.

« On tourne quand même une page, a conclu Julie Morin. Cinq ans dans une étape de deuil, c’est un moment charnière où on se dit qu’on doit reconnaître tout le courage dont on a fait preuve. »

Avec les informations de Kim Vermette

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