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Lac-Mégantic : le procès devrait durer plus longtemps que prévu

Le juge de la Cour supérieure Gaétan Dumas a informé le jury que le procès de Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie, accusés de négligence criminelle causant la mort des 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic, pourrait se prolonger en janvier. Il devait durer jusqu'au 21 décembre.

Le juge a notamment invité les 14 jurés à ne pas prévoir de vacances tout de suite.

Des témoins pourraient également être entendus les vendredis, ce qui n'est pas le cas depuis le début du procès, qui se déroule pour l’instant du lundi au jeudi au palais de justice de Sherbrooke.

À la fois enquêteur et témoin: conflit d'intérêts?

L’inspecteur de Transports Canada Alain Richer a poursuivi et terminé son témoignage. En contre-interrogatoire, l'avocat du contrôleur de la circulation ferroviaire Richard Labrie, Me Guy Poupart, l'a longuement questionné sur son rôle dans l'enquête de Transports Canada.

Rappelons que l'homme de 58 ans a inspecté le convoi impliqué dans l'accident avant qu'il se rende à Lac-Mégantic le 5 juillet 2013. Il a expliqué à la Cour qu'il a trouvé deux défectuosités mineures, mais rien pour empêcher la circulation du train.

Deux jours après la tragédie, le 8 juillet 2013, Alain Richer a brièvenement occupé les fonctions d'« observateur du ministre ». Il devait faire le lien entre le ministre responsable de Transports Canada et le Bureau de la sécurité des transports (BST). Comme Alain Richer avait inspecté le convoi quelques heures avant le déraillement, l'enquêteur du BST le considérait comme un témoin potentiel à interroger. Afin d'éviter toute apparence de conflit d'intérêts, un autre observateur a été nommé. Le supérieur d'Alain Richer l'a plutôt été affecté à l'enquête de Transports Canada. « Je comprenais le fait qu’on souhaite me retirer d’observateur, mais je comprenais aussi que je pouvais apporter beaucoup à l’enquête, compte tenu de l’expérience que j’avais », a-t-il expliqué.

Alain Richer a eu l'occasion de consulter des déclarations de témoins rencontrés par les policiers. Me Poupart a souhaité savoir si la Sûreté du Québec a été rapidement informée qu'Alain Rcher avait inspecté les 73 wagons du convoi le 5 juillet 2013. « Je n’ai jamais caché cette information. Est-ce que quelqu’un de spécifique à la SQ a été avisé? Ça a dû être mentionné. C’était open discussion. [...] Je ne voyais pas et je ne vois pas encore aujourd’hui la relation entre l’inspection et la suite des événements. », a-t-il poursuivi.

Des wagons conformes aux normes

Par ailleurs, Alain Richer affirme que les wagons de type DOT-111 impliqués dans la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic étaient conformes à la réglementation nord-américaine.

L’avocat qui représente le mécanicien de locomotive Thomas Harding a souhaité savoir si les wagons étaient suffisamment robustes dans le cas d’un déraillement. « C’est un wagon basse pression qui est fait pour transporter des liquides, qui peuvent être de l’eau, du diesel. Donc, c’étaient des wagons conformes pour ce type de transport et non, ce n'est pas à l’inspecteur de matériel d’émettre des recommandations. Ça va beaucoup plus loin que ça. [...] Ces wagons rencontraient les normes. Ils ont apporté des améliorations au fil des années », a déclaré Alain Richer.

Son témoignage s'est terminé lundi après-midi. Par la suite, André Turcotte, 50 ans, chauffeur de taxi de Lac-Mégantic a été appelé à la barre. Il a eu le temps brièvement de répondre aux premières questions. Son témoignage se poursuivra mardi.

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