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Lac Memphrémagog: l'agrandissement d'un dépotoir au Vermont inquiète en Estrie

Depuis déjà plusieurs années, le site d'enfouissement Coventry, au Vermont, projette un important agrandissement de 51 acres. Des audiences publiques sur la question sont en cours de l'autre côté de la frontière et l'organisme Memphrémagog Conversation Inc (MIC) profite de l'occasion pour se faire entendre une fois de plus auprès des autorités américaines.

Le Québec s'est toujours fermement opposé au projet, notamment parce que le lixiviat, le jus des ordures, se déverse dans le lac Memphrémagog. Le projet d'agrandissement risque d'aggraver le problème.

Ils demandent maintenant de pouvoir déposer dans le site 500 000 tonnes par année pendant 22 ans. C'est 71 000 camions qui entreraient sur le site, s'indigne le président de Memphrémagog Conservation Inc, Robert Benoit.

Une commission américaine entendra les citoyens et les organismes jusqu'au 20 juillet sur la question. Le regroupement environnemental MIC a l'intention de leur faire parvenir une lettre revendiquant leur opposition .

L'organisme considère que le résidu, traité à l'usine de Newport, est rejeté sans avoir subi les tests obligatoires au Québec.

Actif dans le dossier de la qualité de l'eau du lac Memphrémagog, le député de Brome-Missisquoi Denis Paradis a demandé à la Commission mixte internationale qu'une enquête soit faite sur la qualité de l'eau du lac découlant des activités de Coventry.

Le rôle de la Commission est d'enquêter sur les problèmes transfrontaliers liées à l'eau,

« J'ai demandé au gouverneur du Vermont de suspendre ces audiences, le temps que la Commission mixte internationale entame ses recherches sur la qualité de l'eau », indique Denis Paradis.

Un lac, deux visions

Pour Memphrémagog Conservation Inc, les deux pays ont une vision bien différente de la situation, car l'importance stratégique de ce lac est loin d'être la même des deux côtés de la frontière.

Pour nous, le Memphrémagog, c'est un réservoir d'eau potable. Aux États-Unis, aucune municipalité ne pompe leur eau du lac, pour eux ce n'est pas une réserve d'eau potable. Il y a une compréhension bien différente de la situation, ajoute Robert Benoît.

La MRC Memphrémagog assure, quant à elle, avoir une bonne relation avec Coventry bien qu'elle ignore à quel niveau les rejets augmenteront si le projet d'agrandissement obtient l'aval des autorités.

On a des inquiétudes, indique le préfet de la MRC Memphrémagog, Jacques Demers. La préoccupation, ce sont les rejets, idéalement, pour nous, c'est d'éviter que ça se retrouve dans notre lac.

Bonne nouvelle selon lui, les Américains ont reconnu la MRC comme intervenant lors de ces audiences publiques.

La MRC fait d'ailleurs appel à des avocats pour bien cerner toutes les spécificités du dossier, même si elle n'entend pas intenter des recours juridiques pour le moment.

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