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Le Buvard : des livres, des camions et des pannes

En lançant sur les routes des Cantons Le Buvard, librairie ambulante qui se gare chaque week-end dans un lieu différent, Michel Vézina et Maxime Nadeau ne soupçonnaient pas à quel point ils devraient réveiller le mécanicien sommeillant en eux.

Une chronique de Dominic Tardif

« On a eu un formidable retour d'appel récemment. Notre remorqueur Gilles Gendron nous a dit : "Heille, salut les gars, c'est votre remorqueur préféré à l'appareil!" On se demandait s'il faisait des cartes de fidélité. Apparemment non!" », rigole Maxime, en évoquant les nombreux pépins mécaniques qui ont récemment accablé leur équipée.

Après un premier été ayant généré l'enthousiasme des amis de la littérature partout au Québec, le duo ouvrait à Gould en décembre 2015 les portes et les pompes du Salon, pub-librairie étanchant autant les soifs spirituelles que terrestres. Le bar unique en son genre devient alors le quartier général de facto du Buvard. Vézina et Nadeau, qui y habitent, y accueillent aussi souvent des écrivains, prétextes à de fécondes conversations autour de quelques pintes entre les lecteurs estriens et les auteurs de la grande ville.

D'Ulysse à Alain

Le retour du Buvard sur la route en juin dernier se heurte contre quelques écueils majeurs. En chemin vers la Commission brassicole de Saint-Casimir, Ulysse, camion baptisé en l'honneur du défunt écrivain Alain Ulysse Tremblay, s'immobilise pour de bon.

Sentence sans appel : la transmission est irrécupérable.

Ulysse survivra

Après avoir envisagé de se retirer de la route jusqu'en 2017, Michel et Maxime dénichent un nouveau camion, propriété jusque-là d'une compagnie d'excavation. Ce deuxième et nouveau Buvard s'appellera Alain.

Ulysse, aujourd'hui chez lui à demeure dans la cour du Salon, ne gagnera pas pour autant la ferraille.

« On a le projet d'y monter une résidence d'écrivain qui s'appellera la résidence Alain Ulysse Tremblay », confie Michel Vézina. L'écrivain met par ailleurs présentement la dernière touche à un livre dans lequel l'improbable projet du Buvard occupera une place importante.

La résurrection du Buvard ne signifie pas pour autant la fermeture du Salon, qui recevra au cours des prochaines semaines des écrivains comme Geneviève Drolet, Dany Laferrière, Rodney Saint-Éloi et Carole David.

Conseil d'ami : lors de votre arrêt à Gould, commandez un biberon de Prestige, bière haïtienne chère au cœur de Michel Vézina.

Comment Maxime Nadeau, qui oeuvrait dans les rayons d'une librairie montréalaise avant que Vézina ne le recrute, envisage-t-il sa nouvelle vie rurale?

« Les deux dernières années à Montréal, j'étais ou dans une librairie à travailler, ou dans ma chambre, ou dans un bar. Maintenant, j'ai tout à la même place, alors c'est formidable. »

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