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Le processus judiciaire des crimes sexuels : mieux comprendre pour mieux agir

Dans le cadre du Mois d'échange et de sensibilisation sur les agressions sexuelles en milieu étudiant, la Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke (FEUS)  et l'Association générale des étudiants en droit ont organisé une conférence sur le processus judiciaire entourant les crimes sexuels.

Un texte de Marie-Claude-Lyonnais

Une trentaine de personnes s'étaient réunies à La Capsule à Sherbrooke pour entendre les deux invités, Me Joanny Saint-Pierre, procureure aux poursuites criminelles et pénales, ainsi que Claude-Jean Chénard, sergent-détective au Service de police de Sherbrooke. 

L'objectif de la soirée était notamment d'offrir une occasion aux étudiants en droit de mieux comprendre une réalité mal expliquée dans le cadre de leur formation. 

Selon les statistiques, 10 % des victimes d'agression sexuelles décident de poursuivre leur agresseur devant les tribunaux. Une statistique, selon Claude-Jean Chénard, qui est peut-être même erronée puisqu'il est très difficile de comptabiliser les victimes muettes.

Rodrigue Turgeon, organisateur de la soirée et étudiant en droit, souligne que la soirée donne ainsi l'occasion aux étudiants de réfléchir sur les causes expliquant pourquoi si peu de victimes se tournent vers les tribunaux.

« On se pose des questions, qu'est-ce qui est à l'origine de cela? Pour se poser ces questions, on a besoin de connaître ce processus. On n'a pas vraiment le temps d'aborder ces questions-là en classe [...]. Il faut alimenter notre réflexion sur les lacunes [du système judiciaire] et proposer des pistes de solution », soutient-il.

Mieux comprendre pour mieux dénoncer

La soirée pourrait également jouer un rôle de catalyseur en démystifiant le système criminel à certaines victimes.

« Quand on ne sait pas dans quoi on s'embarque, c'est sûr que ça peut être épeurant, admet Me Saint-Pierre. L'objectif de mieux vulgariser ces étapes-là [...] c'est peut-être de faire connaître mieux ce processus-là, le rendre plus accessible. »

Maggie Fredette, coordonnatrice intervention au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de l'Estrie, voit d'ailleurs d'un bon œil ce type de rencontre, car elles peuvent selon elle donner l'élan nécessaire à une victime pour dénoncer son agresseur.

« C'est certain que les victimes qui ne vont pas chercher de l'aide dans les ressources, qui peuvent assister à des soirées comme ça, peuvent aller chercher l'information qu'elles ont besoin pour se décider. Ce ne sont pas toutes les victimes qui veulent aller chercher de l'aide dans les organismes. »

La méconnaissance du système judiciaire est d'ailleurs un des facteurs, selon Maggie Fredette, qui explique pourquoi si peu de victimes décident de traîner leur agresseur devant les tribunaux.

Parler le plus possible de cette réalité reste selon elle le meilleur moyen de briser les tabous, et d'amener davantage de personnes à dénoncer les actes subis.

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