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Le projet du Carré Belvédère détruira le tiers d'une forêt centenaire

Malgré l'opposition de plusieurs citoyens, un peu plus de 30 % de la prucheraie centenaire sera rasée pour faire place au projet du Carré Belvédère, dans le secteur Ascot de Sherbrooke.

Un texte de Charles Beaudoin

« J'ai voulu être très clair avec les gens : on ne peut pas revoir tout ce qui a été fait [étant donné] que le projet de lotissement a déjà fait l'objet d'une approbation par le conseil municipal », a déclaré le conseiller Serge Paquin, qui présidait la rencontre privée tenue entre la Ville, les promoteurs et une centaine de citoyens au bureau d'arrondissement du Mont-Bellevue, mardi soir.

M. Paquin croit toutefois que les mesures prises par la Ville ont satisfait les gens qui ont des propriétés contiguës au secteur qui sera développé. « On a ajouté de l'espace parc pour se rendre au 10 % que doit offrir le promoteur et on a ajouté une zone tampon qui n'était pas prévue à l'origine », soutient-il.

Après la rencontre, où les médias n'étaient pas admis, le promoteur Luc Élias s'est dit déçu que celle-ci ait porté uniquement sur la portion environnementale du projet. Il aurait aimé aborder tous les aspects du Carré Belvédère, mais n'a pas voulu commenter davantage.

Après la présentation des différentes étapes traversées par le projet de développement, la période de questions s'est étalée sur plus d'une heure.

« Ça nous a donné l'occasion d'expliquer comment ces grands projets sont articulés à la Ville et quelles sont les étapes qui doivent être franchies », a expliqué M. Paquin.

Le projet domiciliaire de 1700 unités d'habitation, qui s'étend sur 78 hectares, doit être érigé sur une quinzaine d'années à l'ouest de la rue Belvédère, entre la rue Belmont et le chemin Bel-Horizon. Une partie des milieux humides devra être asséchée pour permettre le passage d'une rue.

Serge Paquin précise toutefois que 60 % des milieux humides d'intérêt seront préservés, tout comme 69 % de la prucheraie centenaire et 44 % de la prucheraie de 70 ans.

« C'était nos principales préoccupations », a-t-il assuré.

Pas satisfaits

Au total, c'est un peu plus de 16 hectares (21 %) du terrain qui seront consacrés à un parc, aux milieux humides et aux bandes riveraines. Les données n'ont toutefois pas satisfait les membres du Regroupement de citoyens pour le Boisé Belvédère, qui s'opposent au projet.

« C'est une rencontre très intéressante qu'on a eue, mais c'est un processus à grande échelle du ministère de l'Environnement qui ne permet pas de voir lorsqu'il y a de la richesse concentrée, comme c'est le cas au boisé Belvédère », déplore David Lamontagne.

Une rencontre avec un comité de concertation est prévue au cours des prochaines semaines. D'ici là, le regroupement entend poursuivre la mobilisation citoyenne.

« Ça prend la mobilisation des citoyens et c'est ce qu'on demande à tout le monde. Si vous êtes d'accord avec le fait d'avoir un parc à un seul endroit avec trois écosystèmes riches, appuyez-nous pour qu'on puisse faire bouger les choses », mentionne Martin Gagnon.

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