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Le régime paléo peut-il être bénéfique à la santé?

Depuis la naissance de Thomas, ses problèmes de santé s'accumulent. Sa vie a été une succession d'infections : certaines banales comme des otites ou des amygdalites, mais d'autres plus sérieuses comme une méningite et des troubles intestinaux fréquents. Après de nombreux séjours en milieu hospitalier et d'incalculables tests médicaux, un diagnostic tombe : le garçon de 10 ans est atteint de colite inflammatoire intestinale d'origine indéterminée.

Un texte de Geneviève Proulx

Thomas a beau être pris en charge, la médecine et les bons soins ne suffisent pas. Il s'est même retrouvé cloué dans un fauteuil roulant l'hiver dernier à cause d'arthrite juvénile dans ses hanches. « Je ne pouvais plus marcher. Ça me faisait mal », dit-il.

À bout de ressources, la maman de Thomas tente le régime paléolithique. Depuis, le petit va beaucoup mieux et a recommencé à marcher. « Je n'ai pas plus lu ou poussé davantage ma recherche au niveau de toute la base scientifique. Mais j'ai fait ça, il est en rémission et ça va bien. Comme maman, je me dis que c'est parfait », raconte Maryse Forand.

Un régime d'il y a 10 000 ans

Le régime paléolithique, ou tout simplement paléo, fait de plus en plus d'adeptes. Défendue par des vedettes hollywoodiennes comme Jessica Biel ou Matthew McConaughey, cette approche de l'alimentation considère certains aliments comme étant la source de plusieurs maux et prône un retour aux pratiques alimentaires qu'avaient nos ancêtres, il y a 10 000 ans.

Ce régime recommande une alimentation riche en viandes, en fruits et légumes, pauvre en produits céréaliers et laitiers et bannit toute nourriture transformée. « Il a été mis de l'avant par le Dr Lauren Cordain, qui a fait de la recherche sur ce régime [...] et a publié un article en 2008 dans le Medical Journal Clinical Nutrition où il classifiait les catégories d'aliments selon leur densité nutritionnelle de 13 nutriments. Dans cette étude, il ressortait que les viandes, les poissons, les fruits de mer, les fruits et les légumes étaient les aliments plus denses en nutriments. En queue de liste, on retrouve les produits laitiers, céréaliers et les légumineuses », explique la diététiste-nutritionniste, Geneviève Arbourg.

Le fondateur du régime paléolithique soutient aussi que dans les produits céréaliers et dans les légumineuses, on retrouve des phytates, qui se lient au fer et au zinc et qui limitent l'absorption de plusieurs nutriments.

L'idée est de suivre l'exemple des chasseurs-cueilleurs de l'ère préhistorique. « C'est de dire que les grains et les produits céréaliers sont arrivés plus tard dans la vie de l'Homme et, qu'à la base, nous étions plus des consommateurs de viande et des cueilleurs des végétaux qui étaient disponibles dans la nature. Donc, d'adopter ce régime alimentaire là correspondrait à avoir le même capital santé que ces hommes avaient. Par contre, on a tellement évolué qu'on peut un peu rigoler de cet argumentaire », croit Mme Arbourg. 

Des inquiétudes tout de même

Malgré tout, la diététiste-nutritionniste recommande d'être prudent avant d'adopter ce type de régime. « Ce qui m'inquiète le plus dans ce type d'alimentation, c'est que c'est monotone. On revient rapidement aux mêmes aliments, aux mêmes menus. Ça limite les sorties avec la famille, au restaurant, chez les amis. Ça amène des restrictions alimentaires et la restriction alimentaire chez l'humain est souvent synonyme de débordement, de retour vers les aliments transformés, et ce, en plus grande quantité qu'autrefois. Ça peut, à mon avis, avoir ce piège-là. »

Selon Geneviève Arbourg, aucun régime au monde ne peut guérir une maladie. « L'alimentation peut guérir ou prévenir certaines conditions de santé, mais elle n'est pas l'unique facteur qui entre en jeu. C'est un facteur qui va venir aider ou soutenir. Ce n'est jamais le seul facteur de guérison sauf dans le cas de quelques maladies, comme la maladie coeliaque, où le retrait du gluten est le seul traitement connu à ce jour. De façon générale, on améliore la santé avec la nutrition. Elle a un pouvoir important. Est-ce qu'elle est tout? J'ai une petite réserve. »

Il est conseillé de demander l'avis d'un professionnel de la santé avant d'adhérer à un nouveau régime alimentaire.

Avec les informations de Renée Dumais-Beaudoin

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