À quelques jours de son départ direction de New York, Simon Dubois s'apprête en quelque sorte à rentrer à la maison, et ce même s'il reste encore deux mois de navigation avant de compléter la Clipper Round the World Yacht Race, à Liverpool, en Grande-Bretagne.

Le piège du retour à la maison pèse de plus en plus lourd sur le moral des équipages de cette course amateur autour du monde. Les derniers mois passés à sillonner les mers du globe ont eu raison de la patience des participants.

« La fin approche, et d’une certaine façon, il commence à être temps, avoue-t-il. Il y a beaucoup de gens qui sont prêts à passer à autre chose. Il y a des tensions à bord après neuf mois à vivre en cohabitation dans un espace de vie aussi serré. »

Parmi les 276 marins amateurs engagés dans ce périple, certains anticipent déjà les derniers milles nautiques à parcourir, mais surtout leur retour sur la terre ferme.

À peine accostées à Panama City, les 11 embarcations toujours en lice s’attaqueront à la mer des Caraïbes et à la côte ouest américaine dès dimanche.

L’équipe de Simon Dubois, Visit Seattle, a conclu la dernière course entre les villes de Seattle et Panama City au 2e rang. Avec 5 points de retard sur la 2e place au classement général, le Québécois garde espoir de pouvoir atteindre la tête de la compétition au terme des huit étapes (13 courses au total) de ce défi hors norme.

« Ça fait revivre l’espoir de ne pas se maintenir à cette 3e position qu’on a actuellement. »

En terrain connu

En attente de leur transit par le canal de Panama, Dubois est heureux de pouvoir prendre quelques heures pour admirer ce bijou d’ingénierie inauguré au début du XXe siècle. « L’idée première était de partir à l’aventure, mais le canal de Panama, je l’avais en tête », affirme-t-il avec fébrilité.

Au cours des prochaines semaines, Simon Dubois sera en eaux connues. Plus jeune, il a fait quelques voyages en famille au large des Îles Vierges britanniques. L’année dernière, il s’était aussi embarqué avec l’équipe québécoise Atlas pour une course entre Antigua et les Bermudes.

« De retourner dans ces eaux-là, où pour moi l’aspect course a un peu commencé en préparation de ce tour du monde-là, c’est vraiment excitant. »

Si le défi de navigation paraît moins colossal que celui d’affronter l’océan Pacifique, certains pièges demeurent. « On est quand même dans la saison des pluies », rappelle Dubois qui s’est retrouvé la tête à l’envers après s’être pris le pied dans du cordage, en février dernier.

« Il va falloir rester alertes aux différentes bourrasques et aux différents systèmes orageux qu’on peut avoir, donc ça va être des vents relativement variables qu’on va avoir. »

Très humble sur le rôle qu’il jouera lors de la prochaine phase de la compétition, le Québécois est heureux de pouvoir seconder davantage sa jeune capitaine, Nicola « Nikki » Henderson. Âgée de 23 ans, Henderson est devenue la plus jeune skipper de l’histoire de cette course.

« Côté navigation, ce qui sera intéressant, avec Nikki qui a déjà navigué là, c’est qu’on va pouvoir y réfléchir à deux, on va avoir un peu plus de perspective pour pouvoir mieux gérer la navigation à travers ça. Ça va peut-être enlever un peu de pression à Nikki. »

Les dernières retrouvailles

La prochaine course (9e au total), dont le vainqueur sera courronné à New York, aura une signification bien particulière pour le comptable de 31 ans, habitué au paysage du lac Memphrémagog, qui traverse la frontière américaine.

« C’est un peu pour moi l’étape qui m’amène à la maison, ou pas trop loin. Ça va être le fun de pouvoir foncer et de savoir que j’ai de la famille et des amis qui vont m’attendre de l’autre côté, j’ai vraiment hâte. »

Les derniers moments que Dubois a passés en famille remontent à la fin avril, avant le plus récent départ donné au large de l’État de Washington. Une réunion nécessaire qui lui aura permis non seulement de fuir la promiscuité, mais aussi de prendre un peu de recul pour réaliser la portée que peut avoir un projet comme le sien.

Si son tour du monde à bord d’un voilier lui a déjà inspiré un projet de livre, Simon Dubois doit encore compléter les trois derniers chapitres de son aventure. Il souhaite bien entendu, une fin heureuse.

« Souvent en bout de ligne, ce dont on se souvient, c’est de comment une expérience se termine. Donc les trois prochaines courses, les deux prochains mois vont avoir un gros impact sur comment les gens vont se souvenir de cette expérience-là. »

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