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Le salaire du maire de Victoriaville en campagne électorale suscite des questions

Le maire de Victoriaville, Alain Rayes, conserve son salaire de 90 000 $ par année alors qu'il est candidat à l'élection fédérale dans Richmond-Arthabaska. Or, depuis qu'il est passé chez les conservateurs, il n'occupe plus à temps plein ses fonctions de maire, une situation qui soulève des questions.

Légalement, Alain Rayes peut conserver son plein salaire tout en faisant campagne pour les conservateurs. Selon le directeur des services juridiques de la Ville de Victoriaville, Yves Arcand, un élu qui désire se présenter à un palier supérieur n'est pas tenu de démissionner. Il serait même obligatoire de lui verser cette rémunération, selon le ministère des Affaires municipales.

« Au niveau légal, l'élu qui décide de ne pas exercer les pleins pouvoirs de sa charge peut maintenir la rémunération à laquelle il a droit. C'est la demande qui nous a été formulée il y a quelques semaines afin de vérifier la conformité de cette disposition [selon laquelle] l'élu qui n'exercerait pas les pleins pouvoirs de sa charge pendant une période maximale de 90 jours maintient la rémunération à laquelle il a droit », a rappelé Yves Arcand.

Un conseiller outré

Le conseiller municipal Claude Brulotte soutient que le maire Rayes aurait tout de même dû renoncer à son salaire pendant les 78 jours de la campagne électorale, même s'il est dans ses droits. Selon lui, il est immoral qu'Alain Rayes conserve ce revenu, alors qu'il ne siège pas au conseil.

Plusieurs résidents de la municipalité ne voient toutefois pas d'un mauvais oeil qu'Alain Rayes soit toujours payé pour ses fonctions de maire, même si la Ville paie un maire suppléant au même salaire pour le remplacer. Quant au principal intéressé, il soutient que cette sortie publique n'est que pur salissage.

« Ma décision, elle a été claire et légale. Je me dois de démissionner si je voulais renoncer à mon salaire de maire. Alors je reste disponible pour continuer afin que la transition soit la plus douce possible », affirme-t-il.

La Ville soutient que si la maire avait choisi de démissionner, il aurait fallu organiser une élection municipale, ce qui aurait coûté 125 000 $ aux contribuables.

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