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Le Senecavirus inquiète les producteurs de porcs 

Un virus qui avait épargné jusqu'à présent les fermes porcines québécoises inquiète des producteurs de porcs du Centre-du-Québec.

Le Senecavirus A, ou virus de la vallée de Seneca, a été découvert le 15 septembre dernier dans un chargement d'animaux québécois et ontariens.

Le virus entraîne la formation de vésicules sur le museau, la bouche, les mamelles et les bourrelets des porcs. Elle peut aussi causer des vésicules sur les pieds, et entraîne souvent une boiterie.

La vigilance est de mise, car les symptômes sont similaires à ceux d'autres maladies graves.

« Il [le virus] crée certaines lésions qui sont non différentiables pour l'œil humain d'une maladie beaucoup plus importante, qui est la fièvre aphteuse, et des autres maladies vésiculaires du porc qui sont à déclaration obligatoire », explique le Dr François Cardinal, médecin vétérinaire de l'Équipe québécoise de santé porcine.

Selon le Conseil canadien du porc, la maladie en soi n'est toutefois pas dangereuse et ne suscite aucune préoccupation pour la santé humaine ou pour la sécurité alimentaire.

Présence indétectable dans les fermes québécoises

Les tests effectués dans les cinq fermes québécoises concernées par le chargement infecté n'ont pas permis de révéler la présence du virus, qui reste absent de la province pour l'instant. Les résultats d'analyse des fermes ontariennes ne sont pas connus pour le moment.

Jusqu'à tout récemment, ce virus était d'ailleurs très rare à travers le monde. Au Canada, il avait déjà été rapporté en Ontario et au Manitoba.

« Le virus est rapporté dans la littérature un peu partout depuis des années, explique François Cardinal. Il a une apparition sporadique très rare dans plusieurs pays. Sauf que depuis deux ans, il semble y avoir une augmentation du nombre de cas, principalement aux États-Unis et au Brésil. »

Des producteurs inquiets

Pour empêcher la propagation de virus, les protocoles sanitaires à la ferme porcine Lyjean de David Vincent, à Notre-Dame-du-Bon-Conseil, sont très stricts.

« Chaque personne qui entre dans le bâtiment doit rentrer par le corridor, se change systématiquement, enlève ses bottes et revêt l'uniforme de la ferme », explique-t-il.

De retour du travail, l'employé doit se laver les mains. Ses vêtements et ses bottes sont ensuite lavés et désinfectés. Même les véhicules entrant en contact avec les animaux subissent un nettoyage à fond.

Malgré toutes ces précautions, et bien que la situation soit maîtrisée pour le moment, David Vincent n'est pas rassuré. « Le virus, qu'il soit là, cela nous crée toujours une inquiétude, mais l'inquiétude n'est pas constante, car ici, nos protocoles de biosécurité sont de haut niveau. »

Ces mesures strictes doivent être maintenues impérativement par les 3400 éleveurs québécois, soutient François Cardinal. « Ce qui est important pour le producteur, c'est de mettre en place et de continuer à appliquer les mesures de biosécurité pour éviter d'introduire ce virus-là dans les fermes. Parce que les porcs qui ont des signes compatibles avec ce virus ne pourront jamais être vendus. »

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