Ariane Dion Deslauriers, alias Ariane DesLions, touche du bois. La musicienne de Sherbrooke vit un véritable conte de fées : un premier album, un spectacle et un deuxième album en préparation. Tout cela parce qu'elle a osé se lancer dans le vide en lançant une campagne de financement participatif avec La Ruche Estrie, qui fête son premier anniversaire.

Un texte de Mylène Grenier

Grâce à sa campagne de financement participatif, l'artiste a réussi à amasser 4000 $ en un mois environ. « Je n'avais pas d'album, pas de spectacle, on n'était pas partie en tournée. C'est vraiment le lancement de cette campagne-là avec [La Ruche Estrie] qui m'a permis de rejoindre les gens, de me faire connaître et d'ouvrir mon réseau », confie-t-elle.

Ariane savoure doublement ces jours-ci. Elle est en tournée dans les Hautes-Alpes, en France, avec son complice de scène, Simon Bergeron. Il s'agit d'une deuxième tournée en Europe pour elle depuis le début de cette belle aventure. Au cours des prochains mois, des représentations de son spectacle sont prévues un peu partout au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Ontario.

« Toutes les portes se sont vraiment ouvertes à la suite du lancement de l'album. J'ai été choisie porte-parole pour le Tandem, la clinique de pédiatrie sociale de Magog. J'ai reçu le prix Relève du Conseil de la culture de l'Estrie, une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec pour la mise en scène du spectacle », énumère Ariane.

Judicieux conseils

La mission de La Ruche Estrie est de favoriser l'émergence de projets qui stimulent la communauté. Le rôle de l'organisme à but non lucratif est donc d'accompagner les promoteurs de projets comme Ariane, et ce, du jour un jusqu'à la fin de la campagne de financement participatif. Cette campagne est lancée sur la plateforme web de l'organisme.

« Le financement participatif, c'est un moyen d'aller chercher des sous, mais c'est aussi un moyen de faire une étude de marché, de valider la faisabilité d'un projet », explique la directrice de La Ruche, Véronique Vigneault.

Ariane avec son projet de disque Ma quincaillerie musicale, le bistro La Buvette pour son concept zéro déchet, l'école l'Écollectif avec son étude de faisabilité pour un toit vert : voici des exemples de campagnes de financement participatif chapeautées par La Ruche et couronnées de succès.

Ambassadeurs

La Ruche Estrie donne aussi accès à d'autres entrepreneurs grâce au concept de la « Cellule ».

« Je réunis environ 8 à 10 ambassadeurs tous les mois. Ça ressemble un peu à une soirée des Dragons, sauf qu'il y a de l'amour en plus. Des fois ils vont dire : "As-tu pensé à parler à telle personne? Je vais te mettre en lien [...] J'ai des connaissances dans tel domaine, viens me consulter, je vais te donner de l'information". Le but c'est de créer un réseau », ajoute Véronique Vigneault.

Depuis ses débuts, La Ruche Estrie a rencontré 125 promoteurs de projets, dont 27 ont lancé une campagne de financement participatif en ligne. Le taux de réussite des campagnes atteint 90 %.

« Pour les promoteurs de projets, on a réussi à amasser près de 200 000 $, mais ultimement ça a des retombées de plus de 1 million de dollars sur la région. On a créé des emplois, on a mis sur pied des entreprises. Il y a eu un rayonnement », ajoute-t-elle.

Le succès ne tombe toutefois pas du ciel. « Ça demande du temps, de l'énergie, il faut que tu communiques avec ton réseau, il faut que tu expliques ce que tu fais. Ce sont des premières ventes, finalement, qu'on va faire », précise la directrice.

Du temps, Francis Campbell est prêt à en investir. Le fondateur d'Expedibox, une entreprise en démarrage, lancera sous peu sa campagne de financement participatif avec La Ruche. Expedibox, c'est un réseau de casiers intelligents destinés à la réception et à l'envoi de colis.

« Je suis le seul encore dans le projet alors je réalise la valeur de savoir bien m'entourer. La Ruche, c'est une merveilleuse façon d'ajouter une corde à mon arc. On ne devient pas entrepreneur seul et on ne réussit pas seul non plus », souligne l'entrepreneur de Saint-Denis-de-Brompton.

Aucun risque pour les contributeurs puisque si le promoteur ne réussit pas à atteindre son objectif, l'argent promis n'est pas débité.

La Ruche Estrie a comme objectif de collaborer à une trentaine de projets cette année pour atteindre la somme de 250 000 $ en financement participatif.

L'organisme est présent dans quatre autres régions de la province, soit la Mauricie, Montréal, Québec et le Bas-Saint-Laurent.

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