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Le voyage d'une vie de trois étudiants de l'Université de Sherbrooke

Des paysages à couper le souffle. De la poudreuse jusqu'aux genoux. Des vagues de surf jamais vues. Et beaucoup, beaucoup de kilomètres au compteur de la vieille Dodge Transvan 1981 retapée pour ce périple. Ce voyage, c'est celui d'une vie pour trois étudiants de l'Université de Sherbrooke.

Un texte de Geneviève Proulx

Gabriel Fecteau-Gilbert, Étienne Nadeau et Francis Fecteau ont fermé cahiers et manuels scolaires pour la session d'hiver et ont mis le cap vers leur rêve. Après avoir allongé presque 10 000 $ pour retaper le tacot, climatiseur et toilette inclus, les trois amis d'enfance quittent leur patelin natal, Saint-Georges en Beauce, papillons au ventre, mais surtout fébriles à l'idée de vivre « le trip d'une vie ».

Ils ne sont pas les seuls à s'embarquer dans pareille aventure. De plus en plus de jeunes, mais aussi de familles, troquent le boulot pour voir du pays tout en roulant à bord d'un campeur. Le seul mot-clic #vanlife recence plus de trois millions d'entrées sur Instagram, signe que la tendance rejoint un vaste public.

Premier arrêt : les montagnes du Colorado où ils ont fait aller leurs planches sur les pentes enneignées de Vail, Sylverstone, Beaver Creek, entre autres. « On a skié sur la plus haute montagne skiable en Amérique du Nord avec 3900 mètres d'altitude. C'était assez impressionnant, mais les conditions étaient moyennes. On a décidé d'aller dans l'Utah », raconte Gabriel qui se définit comme un « skieur du dimanche ». On peut comprendre le changement de direction : les montagnes de l'Utah reçoivent pas moins de 13 mètres de neige chaque année, de quoi assouvir le plus difficile des passionnés.

Non rassasiés, ils bifurquent vers le nord et c'est à Whistler qu'ils s'arrêtent pour une autre semaine de bosses, de poudreuse et de tout ce qui rend les skieurs heureux.

C'est là qu'ils ont troqué les bottines de ski pour les espadrilles. Au menu : marcher les plus beaux parcs nationaux de la côte ouest américaine : Zion, Arches, Yosemite, Sequoia, Redwoods, pour ne nommer que ceux-là, ont remplis leur mémoire de souvenirs pour longtemps.

L'autoroute 1 a mené par la suite les voyageurs sur les vagues du Mexique. De La Lancha à Rio Nexpa en passant par Puerto Escondido, les wetsuits ne sont pas restés souvent dans les valises. « Tout au long de la côte Ouest du Mexique, nous étions à la recherche des vagues. Nous en avons eu pour notre argent! » racontent-ils.

Tant qu'à être en sol mexicain, aussi bien faire le plein de culture maya en visitant des ruines, patauger dans les cenotes qui font la célébrité de l'État du Quintana Roo ou taquiner les poissons gros comme ça en haute mer. « On a attrapé une grosse carangue de 40 livres! Ça a pris 10 minutes la sortir. C'était quelque chose! », raconte fièrement Gabriel. Pour ceux qui doutent de l'histoire et qui oseraient la comparer à celles du Capitaine Bonhomme, sachez que les photos du monstre ont été publiées dans un journal local.

« On a été dans des endroits très touristiques. Ce n'était pas notre partie préférée du voyage, mais la poutine du El Tabarnacos à Playa Del Carmen était très bonne! Ça faisait longtemps que je rêvais d'en manger une! », rigole Francis Fecteau.

Après un petit saut au Bélize, un petit pays situé au Sud-Est du Mexique, le Dodge Caravan revient en sol mexicain et s'arrête au pied du plus haut sommet atteignable sans guide : le volcan Iztaccìhuatl. Il fallait laisser son vertige dans le véhicule, puisque le volcan atteint 5300 mètres, mais la montée, même si elle était difficile sur les mollets, en valait la peine.

Même si les voyageurs auraient eu envie de poursuivre leur route pour encore des milliers de kilomètres, le calendrier scolaire les a rattrapés malheureusement. Le 1er mai, Gabriel, Francis et Étienne devaient être assis sur les bancs de l'Université de Sherbrooke pour poursuivre leur parcours académique. « Arrivés au Texas, on a roulé jour et nuit jusqu'à Sherbrooke. Ça nous a pris 56 heures! » raconte en riant Francis.

Et pour ceux qui se posaient la question : ils n'ont jamais eu à utiliser la toilette du campeur.

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