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Lendemain d’attentat : un dialogue et de l’éducation, réclament des intervenants de Sherbrooke

L'ouverture aux autres et le dialogue, tout ça commence à la maison, rappelle Mohamed Golli, président de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, pour qui l'effort doit d'abord venir du citoyen.

« Certainement qu’il y a de l’éducation à faire à partir de nos incubateurs, initialement dans nos familles. C’est un travail qui doit être commencé à un très jeune âge pour renforcer cette ouverture, cette culture de l’autre inclusive qu’on a au Canada, au Québec », croit-il.

Il y a un effort considérable qui doit être fait par nous, par les concitoyens, et les médias en deuxième lieu, et après on va parler des différents programmes que les gouvernements peuvent offrir.

Mohamed Golli, président de l'Association culturelle islamique de l'Estrie

« Facile à dire, difficile à faire »

Le directeur général de l'Association éducative transculturelle, Shah Ismatullah Habibi, est d’accord pour dire qu’il reste beaucoup de travail à faire.

« Je trouve malheureux que, depuis deux ans, tout le monde saute sur l’occasion pour dire sa recette magique, mais il n’y a personne qui passe à l’acte », déplore-t-il.

C’est facile à dire, mais c’est difficile à faire.

Shah Ismatullah Habibi

Ce dernier travaille avec de nombreux nouveaux arrivants. Il raconte avoir eu par le passé des problèmes avec des Québécois qui voyaient l’arrivée d’immigrants ou de réfugiés comme voisins d’un mauvais œil.

« J’invite la population à venir dialoguer », dit-il, surtout dans un contexte où l’attentat de Québec, qui a fait six morts parmi la communauté musulmane, réveille certaines peurs chez les familles récemment arrivées à Sherbrooke.

« Hier, j’ai reçu des appels de personnes, surtout des nouveaux arrivants. C’est un climat de peur pour les gens qui viennent. […] C’est ça la crainte, et il faut d’abord qu’on rassure la population », avance-t-il.

Pour M. Golli, des veillées comme celle qui a été organisée lundi soir à Sherbrooke servent justement à « réchauffer les cœurs ».

« Les gens qui étaient là avaient des messages réconfortants. […] Ça, ça fait que, quels que soient les défis qui sont là, on va pouvoir les réconforter. Ça, c’est très réconfortant pour les gens de voir qu’il y a un appui », soutient-il.

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