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Lendemain d'attentats : un Sherbrookois à Paris raconte

C'est une fin de voyage éprouvante pour le professeur de musique à l'Université de Sherbrooke, Robert Ingari, qui se trouve à Paris pour le travail. Il fêtait la fin d'un magnifique séjour de six semaines en France avec son conjoint lorsqu'il a appris que la ville était attaquée de toute part. Le réveil, samedi matin, est brutal.

Un texte de Marie-Claude Lyonnais

Ils se sont levés en espérant que tout cela n'avait été qu'un mauvais rêve. « C'est même plus gros que ce qu'on avait pensé », constate M. Ingari, amer.

La télévision diffuse en boucle des reportages et allocutions de politiciens.

« Ils annoncent un état de guerre, et ce n'est pas drôle, quand tu es au centre de toute cette guerre. C'est inquiétant. Il y a beaucoup d'émotions, beaucoup beaucoup d'émotions, de la part du gouvernement, des citoyens. Beaucoup de frustrations aussi, et de la tristesse », mentionne-t-il.

M. Ingari et son conjoint n'ont pas osé sortir de la journée, d'autant plus que des avertissements ont été émis, demandant aux gens de rester à l'intérieur. M. Ingari sent que la vie s'est « figée ». Tout est silencieux, alors que le bruit, dans le secteur où il se trouve, est habituellement assourdissant. 

M. Ingari ne sait pas s'il sera capable de revenir au Canada demain. « J'ai entendu dire par une amie que les vols d'Air Transat d'aujourd'hui sont annulés ». Son vol, prévu dimanche, est toutefois toujours à l'horaire. Il mentionne qu'advenant une annulation, la propriétaire du logement qu'il loue a gentiment accepté de les héberger plus longtemps.

Une soirée magnifique qui se termine en cauchemar

La soirée de vendredi avait pourtant bien commencé. Le couple était sorti boire un verre avec des amis pour célébrer la fin de leur séjour. Il ne se trouvait pas dans les secteurs visés par les attaques.

« Ce n'est pas avant d'arriver à la Place de Clichy pour manger une petite bouchée. Le restaurant ferme très tard, mais on nous a renvoyés tout de suite alors qu'il n'était même pas minuit. On ne savait pas de quoi [le restaurateur] parlait », raconte-t-il.

Ce n'est qu'une fois arrivé à son appartement qu'il a appris, dans les médias sociaux, ce qui venait de se dérouler. Plusieurs amis inquiets tentaient aussi de le contacter. Lui-même a eu peur pour ses amis musiciens.

« Nos cœurs sont brisés, vraiment », souffle-t-il, visiblement ému.

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