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Lendemain d'élections en Estrie : l'analyse du politologue Antonin-Xavier Fournier 

La carte électorale de la région couverte par ICI Estrie est fort colorée et n'est pas représentative de ce qu'on retrouve ailleurs au Québec. Trois libéraux, deux conservateurs et deux néo-démocrates ont été élus lundi soir dans la région lors de la 42e élection fédérale. Pour le politologue Antonin-Xavier Fournier, la situation s'explique par la qualité des candidats qui étaient dans la course.

Un texte de Geneviève Proulx

« L'Estrie n'est pas tout à fait à l'image de ce que le Québec a voté. Le Québec a largement voté pour les libéraux, alors qu'ici nous sommes un peu une exception à la règle. Probablement parce que les candidats ont réussi à faire diviser le vote dans certaines circonscriptions. Le parti conservateur a aussi fait quelques gains en raison de candidatures sérieuses [Alain Rayes et Luc Berthold]. Ce sont des gens qui avaient accompli des choses comme maires de leur municipalité. On a voté plus pour le candidat », analyse le professeur en sciences politiques au Cégep de Sherbrooke.

Selon lui, la qualité des candidats a eu un impact certain sur le choix des électeurs. « Il y a eu ici, en Estrie, peut-être plus qu'ailleurs, des effets de candidatures locales prestigieuses, bien connues dans le milieu, qui ont fait en sorte que nous sommes un peu plus arc-en-ciel », dit-il. 

Un ministre estrien?

Même si le Parti libéral a fait élire trois députés en Estrie, le politologue serait étonné que l'un d'entre eux soit nommé au Conseil des ministres de Justin Trudeau. « Au gouvernement provincial, quand on fait l'architecture du Conseil des ministres, on tente de représenter chacune des régions du Québec. Au Canada, c'est différent. Il y a 338 circonscriptions. On y va davantage avec une représentation qui est provinciale que régionale. Je ne pense pas que, parce qu'on est un candidat élu, on va accéder au Conseil des ministres sur la base d'une représentation régionale », explique M. Fournier.

Malgré tout, le politologue croit que les nouveaux députés libéraux sont de bons candidats. « Je pense qu'on a de bonnes candidatures potentielles, comme Denis Paradis qui a déjà été ministre dans le gouvernement Chrétien, mais reste que ce n'est pas une jeune candidature. À mon sens, Mme Bibeau, élue dans Compton-Stanstead, représente beaucoup plus l'avenir du Parti libéral. C'est une femme qui connaît très bien ses dossiers et qui a une vaste expérience dans le milieu des affaires. Je ne pense pas qu'elle sera convoquée à Rideau Hall dans les prochains jours. C'est, par contre, une candidature potentielle dans un avenir pas si lointain. »

Les libéraux de Justin Trudeau formeront un gouvernement et il sera majoritaire. Ils auront tiré profit de cette campagne de 78 jours, la plus longue de l'histoire moderne du Canada, pour mettre fin au règne de Stephen Harper, qui aura dirigé le pays pendant une décennie.

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