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Les 40 ans du journal Le Collectif : oserait-on encore parler du cognac d'un PDG? 

Notre chroniqueur urbain Dominic Tardif s'est invité cette semaine dans une réunion de l'équipe de rédaction du Collectif, le journal des étudiants de l'Université de Sherbrooke. Parmi ses découvertes? Un article tiré des archives, qui dévoile que l'objectivité qui prévaut aujourd'hui a déjà eu plus de souplesse.

Le président de la multinationale Domtar peut calmement diminuer sa consommation de cognac pour s'endormir le soir. En effet, il a réussi à faire endosser par les 570 travailleurs de la cartonnerie Domtar d'East Angus les difficultés qu'avait cette compagnie à opérer.

Tiré d'un article de Ronald Cameron, étudiant en économie

La phrase a de quoi faire sourire les étudiants journalistes. Personne n'oserait rapporter l'histoire de la même façon aujourd'hui. « Il n'y a rien qui nous empêcherait de le faire, mais je pense que nous, on fait le choix de ne pas le faire », rapporte Charles Allard, directeur général du Collectif.

Il admet que le ton du journal étudiant a déjà été plus railleur. Plus revendicateur, aussi.

« [Avant] c'était vraiment plus : voici ce que Le Collectif pense de ce débat-là, plutôt que qu'en pensez-vous? Ça, on l'a vu à travers les années, et je dirais que ce ton-là, depuis une quinzaine d'années, a disparu pour faire place à l'information », poursuit-il.

En papier svp

Même si le ton a changé, le journal a néanmoins réussi à garder un esprit de liberté, heureuse conséquence des cotisations étudiantes.

« Vu qu'on a des revenus assurés et qu'on n'a pas besoin de publicité pour vivre, on a carte blanche encore en 2017 pour faire ce qu'on veut avec notre journal en gardant, évidemment, la mission en tête », note Charles Allard.

Le Collectif est encore l'un des seuls à pouvoir miser sur sa version papier sans craindre de disparaître. Il a un site web, mais pas d'application. Et pour ces jeunes étudiants, qui s'informent surtout grâce à leur cellulaire, le papier a encore « une âme, une vie ».

Il y a comme une certaine récompense pour les étudiants à écrire pour le papier. [...] Il y a encore comme une noblesse, je trouve ça beau.

Émilie Lalond, chef de pupitre Campus

C'est le 5 octobre1977 qu'a été publiée la première édition du journal étudiant Le Collectif. Quarante ans plus tard, sa devise reste la même : « Former et informer ».

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