Retour

Les appels à l'aide grimpent en flèche au CALACS de l'Estrie

Les dénonciations publiques successives d'agressions sexuelles dans la foulée du mouvement #MoiAussi ont un impact important sur les Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) qui ont vu les demandes bondir au cours des derniers jours. L'Estrie est loin de faire exception.

En seulement dix jours, au CALACS de l'Estrie, les demandes d'aide ont grimpé en flèche. « Ce sont surtout des demandes de nouveaux services. Ce sont aussi des demandes de femmes et de filles qui ont déjà eu un suivi et qui veulent de nouvelles rencontres. Elles ont besoin de parler de l'actualité influence leur parcours ou les affecte. On parle aussi de plus d'accompagnements judiciaires, c'est un service moins connu que les CALACS offrent, mais pour les femmes et les filles qui portent plainte, les intervenantes peuvent les accompagner dans ce parcours qui peut durer des années. Il y a une augmentation pour ça aussi », explique la porte-parole du Regroupement des CALACS du Québec, Stéphanie Tremblay.

Aussi, les ateliers de prévention sont de plus en plus demandés.

Effet boule de neige

La vague de dénonciations publiques a un effet certain sur le nombre d'appels au CALACS. « C'est sûr que lorsque l'on voit plusieurs femmes porter plainte contre leur agresseur, ça encourage les autres femmes à le faire. Surtout que dans ce cas-ci, ce sont des vedettes, des modèles pour plusieurs. On a vraiment vu ça avec Nathalie Simard il y a 14 ans. Oui, ça peut encourager certaines femmes à le faire, mais pas toutes. Il faut aussi voir le résultat, où ces plaintes-là mènent. C'est certain que ça va aussi influencer la décision de plusieurs victimes. »

Les listes d'attente pour obtenir des services s'allongent. « Les survivantes se sentent soutenues par la population. Il y a vraiment une prise de conscience sociale qui va les mener à téléphoner dans des CALACS pour avoir du soutien. Si elles doivent être mises sur une liste d'attente de plusieurs mois, c'est fort possible qu'elles décident, lorsqu'on les rappelle, ne soient plus dans un contexte de vie qui lui donne envie de travailler sur les conséquences de l'agression qu'elle a subie. Ce n'est pas rare qu'elles nous disent qu'elles sont rendues ailleurs et pourtant, on constate qu'elles vont rappeler plusieurs mois plus tard. C'est un besoin immédiat qui est exprimé et c'est important d'y répondre. »

Au Centre-du-Québec, la demande est aussi forte. Le CALACS des MRC Arthabaska, de l'Érable et de Bécancour reçoit en moyenne de deux à quatre demandes d'aide hebdomadaire. Depuis l'apparition du mot-clic #MoiAussi, le réseau local a obtenu cinq fois plus de requêtes. Pour répondre à la demande, une rencontre téléphonique ou en personne est organisée de manière systématique avec chaque individu afin de réaliser une évaluation et établir l'urgence d'enclencher un plan d'action pour soutenir cette personne.

Plus d'articles

Commentaires