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Les bactéries nosocomiales surveillées de près à l'Hôtel-Dieu

Avez-vous récemment visité un proche à l'hôpital, notamment au quatrième étage de l'Hôtel-Dieu? Si oui, on vous a fort probablement demandé de bien désinfecter vos mains. Par mesure d'hygiène, mais surtout parce que l'unité est aux prises avec une maladie nosocomiale, contractée dans les hôpitaux. Les bactéries incriminantes se nomment cette fois-ci des entérocoques résistants à la vancomycine (ERV). Nous avons fait le point sur l'état de la situation avec la microbiologiste-infectiologue Catherine Allard.

« L'entérocoque, c'est une bactérie qui est présente au niveau du tube digestif dans les selles », explique Catherine Allard. Lorsque la bactérie développe des gènes de résistance à l'antibiotique qui la traite, la vancomycine, elle devient alors un entérocoque résistant à la vancomycine. « Si on devient porteur de cette bactérie-là, on a plus de chances de faire une infection, puis une infection avec une ERV, qui devient plus difficile à traiter », ajoute Catherine Allard.

Selon le ministère de la Santé, les entérocoques peuvent parfois causer des infections urinaires, des infections des plaies et, plus rarement, des infections du sang.

La transmission de patient en patient se fait par les mains.

Maîtrise de la situation

L'hôpital a pris des mesures de précaution. « Quand les patients arrivent à l'hôpital, on va leur faire un dépistage, on va rechercher cette bactérie-là pour mieux pouvoir la contrôler », clarifie Catherine Allard. La méthode de prévention la plus importante reste le lavage des mains, une mesure qui s'adresse autant aux patients qu'à leurs proches ou au personnel médical. L'équipe d'hygiène et de salubrité a aussi mis les bouchées doubles pour nettoyer les surfaces.

L'infection ne se développe pas automatiquement chez tous les patients qui portent la bactérie. « C'est vraiment les patients qui sont les plus vulnérables qui vont être infectés », ajoute Catherine Allard. La microbiologiste précise que 78 patients ont été infectés, sur 4500 cas d'acquisition de la bactérie nosocomiale.

En ce moment, la situation à l'Hôtel-Dieu est stable, « on a levé l'éclosion d'ERV en date du 3 juin dernier », conclut Catherine Allard.

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