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Les beaux-arts enseignés aux étudiants en médecine de l'Université de Sherbrooke

Une meilleure communication avec les patients, être des personnes plus empathiques, avoir un meilleur sens de l'observation : voilà quelques-unes des qualités qu'apporte l'enseignement du dessin aux futurs médecins. C'est du moins la prétention de celui qui donne ce cours à l'Université de Sherbrooke depuis dix ans, Yvan Dagenais.

Quoique ce cours ne soit pas obligatoire dans le cursus scolaire, ils sont une dizaine, chaque année, à suivre les enseignements de cet artiste visuel qui est également chargé de cours à la Faculté des lettres et sciences humaines. « Ce sont des étudiants qui sont inscrits dans un programme qui s'appelle Stage électif et qui s'adresse à ceux qui ont terminé leurs quatre années de médecine et qui veulent approfondir leurs notions d'anatomie. On a introduit le cours de dessin il y a dix ans à l'intérieur de ce stage pour développer certaines habiletés chez les médecins », explique M. Dagenais.

C'est lors de ses recherches de doctorat que Yvan Dagenais s'est intéressé à l'impact que pourrait avoir la pratique du dessin chez les médecins. « J'étais fasciné par des lectures que j'avais faites comme Dessiner grâce au cerveau droit. Il y a plusieurs études qui démontrent certains impacts sur les habiletés cognitives chez l'adulte. Je me suis donc intéressé aux impacts que pourrait avoir la pratique du dessin chez les médecins, mais plus particulièrement chez les chirurgiens, si ça pouvait avoir des impacts sur leurs habilités visulo spatiales. »

Ce dernier rappelle que lors des interventions chirurgicales, l'une des plus grandes difficultés est reliée à la perception d'espace et la direction de certains volumes. « Tout ça fait appel à des habilités visuelles particulières. La pratique du dessin va stimuler ces habiletés et va permettre de construire une représentation des formes dans le cerveau. »

Dessiner permettrait aussi d'améliorer l'empathie chez les médecins. « Le dessin amène à travailler avec des parties du cerveau qui permet d'avoir une capacité d'observation du non verbal, des changements au niveau de la couleur de la peau, des tics nerveux. Le médecin va donc être plus sensible à ça et va porter attention à des détails », explique Yves Dagenais.

L’apprentissage du dessin contribue aussi à développer le potentiel créatif et le sens critique dans la recherche de solutions de ces futurs médecins.

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