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Les coups de fouet reprendraient, selon la Fondation Raif Badawi

Selon des informations obtenues par la Fondation Raif Badawi, le blogueur emprisonné en Arabie saoudite serait de nouveau fouetté, mais cette fois les coups seraient donnés à l'intérieur de la prison plutôt que sur la place publique, comme c'est habituellement le cas.

Cette annonce provient de la même source qui avait prévenu l'entourage du blogueur que les 50 premiers coups de fouet auraient lieu le 9 janvier 2015. Cette séance s'était déroulée devant la mosquée de Djeddah. « Notre première réaction a été de se demander si cette source était fiable. Nous n'avons pas eu [d'autre] choix [que de la croire] puisqu'elle nous avait donné une information pertinente en janvier 2015 », affirme la directrice de la Fondation Raif Badawi, Evelyne Abitbol.

Échos politiques

Devant les craintes exprimées par la Fondation, le cas du blogueur est revenu sur la scène politique. À Québec, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une motion soutenant que tout doit être tenté, dans la province comme au fédéral, pour faire libérer Raif Badawi et lui permettre de rejoindre sa famille, installée en Estrie.

Du côté d'Ottawa, le ministère des Affaires étrangères tente également de faire confirmer ces informations. « Le Canada considère la peine imposée à M. Badawi comme une violation de la dignité humaine et nous continuons de demander la clémence dans son cas », a dit le ministre Stéphane Dion.

Ce dernier a tout de même rappelé que Raif Badawi n'étant pas citoyen canadien, son cas est un dossier humanitaire et non consulaire, ce qui rend les démarches plus compliquées.

Révoquer sa citoyenneté

De son côté, la Fondation Raif Badawi demande donc au gouvernement saoudien de révoquer la citoyenneté du blogueur.

« La chose la plus pertinente est de demander au Royaume de révoquer la citoyenneté de Raif Badawi. On sait qu'il est extrêmement attaché à son pays. Il veut beaucoup pour son pays, mais à ce moment, ça serait bien que l'Arabie saoudite lui révoque sa citoyenneté et qu'il puisse aller se réfugier dans une ambassade qui voudra l'accueillir », soutient Mme Abitbol.

Le blogueur a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans d'emprisonnement pour avoir prôné la libéralisation du régime saoudien. Toutes les séances de flagellation subséquentes ont été interrompues en raison de son état de santé.

Raif Badawi est emprisonné depuis juin 2012 pour avoir insulté l'islam sur son site Internet. Il n'est pas citoyen canadien, mais son épouse et leurs trois enfants sont réfugiés à Sherbrooke, au Québec.

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