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Les enseignants du Cégep de Sherbrooke pourraient défier une loi spéciale anti-grève

Les enseignants du Cégep de Sherbrooke pourraient faire acte de désobéissance civile advenant l'adoption d'une loi spéciale par Québec interdisant le recours à la grève par les travailleurs du secteur public.

Un texte de Marie-Claude Lyonnais

En assemblée générale, les membres du syndicat affilié à la Confédération des syndicats nationaux (SPECS-CSN) ont adopté une résolution leur laissant la possibilité de défier cette loi, s'ils jugent qu'elle ne respecte pas les droits fondamentaux reconnus par la Charte canadienne des droits et libertés.

Un avis de convocation a déjà été envoyé. Selon le président du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS), Steve McKay, si Québec va de l'avant avec cette loi, une assemblée sera alors tenue très rapidement pour déterminer si les membres la respecteront.

Rien n'est toutefois définitif, explique Steve McKay. Tout dépendra, selon lui, du contenu de la loi et de ses conditions.

Conscients des conséquences possibles

Les membres ont été avertis des conséquences possibles de défier une loi spéciale. Le SPECS-CSN a d'ailleurs encore en mémoire la grève des enseignants de mai dernier, qui avait été déclarée illégale par la Commission des relations de travail. À Sherbrooke, les enseignants avaient subi des coupes salariales pour avoir défié la décision de la Commission. D'autres enseignants ayant participé à la grève, ailleurs dans la province, ont reçu des lettres de réprimande.

L'histoire des négociations dans le secteur public est d'ailleurs parsemée de lois spéciales, certaines ayant laissé des marques. En 1999, les infirmières en grève illégale ont été forcées de retourner au travail par le gouvernement de Lucien Bouchard, en plus de se voir imposer de grosses amendes. En 1982, les dizaines de milliers de fonctionnaires descendus dans la rue ont subi une diminution salariale de près de 20 % pendant trois mois.

Malgré cela, les membres ont tout de même voté en faveur de la résolution, notamment pour signifier leur ras-le-bol, selon Steve McKay, qui rappelle qu'une loi spéciale a été utilisée une quarantaine de fois depuis 1965 dans le cadre de négociations de conventions collectives.

Les cégeps de Saint-Jérôme, Marie-Victorin, Ahuntsic, John-Abbott, Edouard-Montpetit et du Vieux-Montréal ont tous adoptés une résolution dans ce sens. Steve McKay soutient d'ailleurs que d'autres cégeps pourraient suivre, ainsi que d'autres membres de la fonction publique.

La CSN appuie cette résolution

Le président de la CSN-Estrie, Denis Beaudin, préfère miser sur une entente, et occulter l'idée d'une loi spéciale. Mais il affirme que sa centrale syndicale va appuyer les membres du SPECS-CSN s'ils décident de défier une telle loi.

Denis Beaudin explique que si, dans le cadre d'une assemblée, les membres votent de façon éclairée en étant conscients des conséquences possibles de leur décision, la CSN va respecter leur choix et les appuyer.

« S'ils ont besoin d'être défendus, ils vont être défendus. On va aussi les appuyer financièrement à partir de notre Fonds de défense professionnel », souligne-t-il.

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