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Les fermes de cryptomonnaies bannies de Brome-Missisquoi pour trois mois

Inquiète des impacts négatifs engendrés par l'arrivée de centres dédiés au minage de cryptomonnaies comme Bitfarms sur son territoire, la MRC de Brome-Missisquoi a imposé un moratoire temporaire pour y interdire leur propagation, a appris Radio-Canada.

Un texte de Charles Beaudoin

Les élus ont adopté à l’unanimité mardi lors du conseil des maires de la MRC une résolution qui empêchera toute implantation de centres de traitement de données ou agrandissement de ces derniers pour une durée de trois mois.

« Pendant ce temps-là, le conseil va réfléchir à l’adoption d’un règlement pour mieux encadrer les permis de construction de ce type d’entreprises-là sur notre territoire », explique le directeur général de la MRC, Robert Desmarais.

L’entreprise spécialisée en cryptomonnaies Bitfarms possède trois centres de calculs à Farnham (5575 mètres carrés), Notre-Dame-de-Stanbridge (1394 mètres carrés) et Cowansville (4645 mètres carrés). Une autre entreprise de plus petite envergure se trouve également à Bromont.

« Il y a beaucoup d’autres demandes également de la part de centres comme ceux-là », fait remarquer M. Desmarais.

Des avis d'experts seront demandés par les municipalités de la MRC afin de leur permettre de légiférer. Il n'est pas exclu que le moratoire soit prolongé.

« Pour le moment, le conseil ne voit pas les retombées positives, sociales, économiques ou environnementales de ce type d’entreprises-là », laisse tomber Robert Desmarais.

Pourtant, Bitfarms, qui s’est récemment installée à Magog, doit s’implanter à Sherbrooke au cours des prochains mois, où elle a promis d’investir 250 millions de dollars et créer 250 emplois.

« Il y a peut-être des entreprises qui vont faire de la recherche et du développement, mais la plupart des demandes d’entreprises qu’on a eues sur notre territoire, c’était pour installer des entrepôts d’ordinateurs qui feraient simplement les calculs pour faire du minage de cryptomonnaies. Dans ces cas-là, c’est très peu de création d’emplois », affirme Robert Desmarais.

L’alarme a été sonnée au cours des dernières semaines notamment par Bromont, où une ferme de minage de cryptomonnaies aurait accaparé 30 des 36 mégawatts disponibles de la ville.

« C’est essentiellement de la consommation d’énergie », déplore le maire de Bromont, Louis Villeneuve.

L’entreprise en question lorgnait Bromont alors qu’Hydro-Québec viendrait d’y investir près de 80 millions de dollars depuis deux ans pour augmenter la capacité électrique de la municipalité.

« C’est là que le conseil a jugé que c’est devenu extrêmement sérieux. Si on ne veut pas hypothéquer le développement futur de Bromont et de toute la région, il faut vraiment réfléchir à savoir si on veut ce genre d’entreprises sur notre territoire », soutient Robert Desmarais.

« Hydro-Québec a fait dans la région des investissements importants pour augmenter la capacité électrique de certaines villes et certains parcs industriels pour le développement futur de la région et ces centres-là viendraient chercher toute la capacité excédentaire électrique, ce qui fait qu’on se retrouverait avec un problème de non-capacité électrique pour du développement futur », précise-t-il.

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