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Les Jeux derrière elle, Kim Boutin cherche à retrouver ses repères

Cible de menaces de mort, gagnante de trois médailles et porte-drapeau du Canada pour la cérémonie de fermeture : les premiers Jeux olympiques de Kim Boutin n'ont certainement pas été de tout repos. À quelques jours du début des mondiaux de patinage de vitesse sur courte piste, la principale intéressée reconnaît que le retour à la réalité a été un peu brutal.

Un texte de Christine Roger

« Ça a été quand même difficile pour les émotions de revenir à l’entraînement et de se donner à fond, avoue-t-elle d’entrée de jeu. Je pense que c’est normal d’avoir un petit down après les Olympiques. »

Dès le début des Jeux olympiques, Kim Boutin a décroché la première de ses trois médailles, le bronze au 500 m, à la suite de la disqualification de la Sud-Coréenne Minjeaong Choi.

Elle a par la suite été visée par des menaces de mort sur les réseaux sociaux et bien malgré elle, elle est instantanément devenue l’une des têtes d’affiche à Pyeongchang.

Malgré toute l’attention médiatique, elle est parvenue à demeurer en contrôle. C’est à son retour à Montréal qu’elle a flanché.

« C’est beaucoup d’émotions. Ces émotions, j’ai l’impression que je les ai vécues en revenant. Je suis arrivée à la maison, j’ai pleuré et tout à coup, j’étais super de bonne humeur. C’était des montagnes russes d’émotions », explique l’athlète de 23 ans.

« J’ai eu une semaine assez difficile où il a fallu que je me remette tranquillement de tout ça et de mon énergie, ajoute-t-elle. À un moment donné, s’il n’y a pas d’énergie, il n’y a pas d’énergie. Cette semaine, ça commence à remonter un petit peu alors ça augure bien. Je pense avoir retrouvé l’énergie pour me battre ce week-end. »

Pendant quatre ans, les athlètes se sont entraînés de façon acharnée avec pour objectif d’arriver au sommet de leur art à Pyeongchang.

Avec les Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste qui ont lieu moins de trois semaines après, ils doivent parvenir à maintenir ce niveau au-delà des Jeux olympiques.

« C’est vraiment difficile, confie Kim Boutin. Je voulais arriver et prendre mon temps pendant une semaine. Pas en termes d’entraînement, mais en termes d’attention. Je n’ai fait aucun média. En revenant à l’entraînement, j’ai dit à mon préparateur mental : “Je fais les choses avec aucune énergie, mais je les fais”. »

La Sherbrookoise n’est certainement pas la seule patineuse à vivre cette période de transition postolympique.

L’Italienne Arianna Fontana, médaille d’or au 500 m, d’argent au relais et de bronze au 1000 m à Pyeongchang, a annoncé mercredi qu’elle ne prendra pas part aux épreuves individuelles qui seront présentées à l’aréna Maurice-Richard, ce week-end, à Montréal.

Dans une publication sur son compte Instagram, la plus grande médaillée olympique féminine de l’histoire du patinage sur courte piste affirme qu’elle n’a plus « d’énergie émotionnelle » pour patiner.

« Ce week-end ont lieu les Championnats du monde à Montréal. Je suis venue ici pour finir la saison du mieux que je le pouvais. Après deux jours d’entraînement, j’ai réalisé que je n’avais plus d’énergie émotionnelle à déployer sur la patinoire. J’ai décidé de laisse ma place pour les épreuves individuelles parce que j’ai l’impression que je ne serais pas moi-même sur la patinoire. Je participerai au relais afin d’appuyer mes coéquipières et je donnerai chaque once d’énergie qu’il me reste. »

Les Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste auront lieu du 16 au 18 mars, à l’aréna Maurice-Richard, à Montréal.

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