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Les maires peuvent-ils agir sur les changements climatiques? L'exemple de Victoriaville

Victoriaville a été parmi les premières villes à prendre le virage vert il y a une trentaine d'années. À l'aube de la conférence de Paris sur le climat, d'autres maires pourraient vouloir prendre exemple sur « Victo », le berceau du développement durable au Québec.

« La vérité, c'est que les villes ont un rôle de premier plan à jouer : 75 % de l'activité économique qui peut avoir une empreinte sur l'environnement se déroule sur nos territoires urbains. Ça veut dire que c'est du territoire de compétence municipale », soutient le directeur général de la Ville, Martin Lessard.

Comme plusieurs autres citoyens de Victoriaville, il conduit une voiture électrique. En ville, il n'a aucun souci de stationnement : les conducteurs écologiques comme lui n'ont pas à payer pour garer leur voiture dans les rues commerciales. Un petit geste parmi tant d'autres, dont l'objectif est d'inciter citoyens et entreprises à réduire leur empreinte écologique.

Le nouvel écoparc industriel en est un bon exemple. « On était challengés, confrontés par même des gens d'affaires de Victoriaville, qui nous disaient : "Ouais, mais ça va quoi être la prochaine étape pour se démarquer, pour assurer le leadership de Victo?" », se remémore M. Lessard.

L'entreprise d'Hubert Blier, Planchers HB, a été la première à s'y installer. « Souvent, on pense que c'est peut-être réservé aux plus grandes entreprises, mais même les petites entreprises, on a une responsabilité à avoir au niveau de l'environnement et de l'écologie », fait-il valoir.

Le terrain où a été construit son bâtiment, par exemple, n'a pas été rasé, contrairement à la pratique, tandis que le chauffage de son entrepôt provient d'un panneau solaire installé sur le toit de l'édifice. M. Blier pense ainsi économiser jusqu'à 3000 $.

Même si une seule entreprise a emménagé dans l'écoparc jusqu'à maintenant, le directeur général est confiant pour la suite des choses. « La vision, c'est que l'ensemble de ce parc soit occupé au cours des cinq prochaines années, et il le sera », assure-t-il.

Subventions, rénovation, économies

Il n'y a pas que l'entreprise d'Hubert Blier à faire des économies à Victoriaville. La Ville a mis sur pied un programme de construction et de rénovation domiciliaire vert. Jusqu'à présent, plus de 600 citoyens en ont bénéficié.

Philippe Cantin a notamment reçu 8000 $ de subvention pour la construction de sa maison qui respecte toute une série de critères environnementaux. Il a misé sur les matériaux recyclables, qui ont une longue durée de vie, voire possiblement une deuxième vie.

Son toit, par exemple, est fait de tôle, plus écologique que le bardeau. Son plancher de béton, lui, agit comme masse thermique avec l'apport du soleil qui vient le chauffer, en plus du système électrique dans le plancher, qui rend la maison plus facile à réchauffer.

Ses coûts de construction ont été un peu plus élevés, mais Philippe Cantin assure être gagnant à long terme.

Les calculs sont les mêmes du côté municipal. Avec les mesures qu'elle a mises en place ces six dernières années, la Ville estime épargner chaque année plus d'un million de dollars. Elle a aussi empêché l'émission annuelle de 3700 tonnes de CO2 et économisé 134 000 litres d'eau potable.

« C'est payant aujourd'hui de poser ces gestes-là. Les économies d'énergie, de rebuts, d'eau potable que l'on fait, ça se traduit en valeur économique pour la ville de Victoriaville », confirme M. Lessard.

D'après les informations d'Hugo Lavallée

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