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Les montagnes frontalières en Estrie, futur eldorado des mordus de poudreuse?

La neige, l'altitude, le dénivelé, la vue : les montagnes frontalières semblent tout avoir pour devenir le prochain paradis du ski de randonnée alpine dans le sud du Québec. Et depuis cet été, un autre élément s'est ajouté à la liste, Ski Eldorado Estrie.

Formé d’une dizaine de passionnés, ce nouvel organisme sans but lucratif ambitionne de développer le ski dans ces montagnes qui séparent les villages de Chartierville et de Notre-Dame-des-Bois de la frontière américaine.

« Pourquoi la région des frontalières? À cause de l’altitude, à cause de la géographie, c’est un endroit vraiment tout désigné pour pouvoir faire du ski hors piste », lance avec conviction Guillaume Poulin, membre de Ski Eldorado Estrie.

Le potentiel est tel qu’il croit que la région pourrait éventuellement se comparer à la Gaspésie.

On a une région où il y a énormément de sommets - certains à plus de 1000 mètres d’altitude - beaucoup de dénivelé et beaucoup de neige.

Guillaume Poulin, membre de Ski Eldorado Estrie

Un projet pilote à venir

Tranquillement, le projet prend forme. Les municipalités de Chartierville et Notre-Dame-des-Bois ont voté des résolutions en leur faveur et Québec leur a accordé vendredi les permis qu’il leur fallait pour commencer à aménager des couloirs. Deux jours plus tard, les travaux commençaient.

« C’est encore préliminaire, mais ce qu’on vise pour cet hiver, c’est d’avoir un projet pilote », explique Guillaume Poulin. Si leur objectif est atteint, deux secteurs s’ouvriront aux skieurs.

Le premier comptera cinq corridors de descente de 500 mètres à 700 mètres avec un dénivelé de plus de 160 mètres. Le deuxième aura des corridors de 20 mètres de large, de 700 mètres de longueur chacun et avec un dénivelé un peu plus fort.

Le travail d’aménagement se fait surtout au sol. Il faut enlever les branches, les roches et les trous, et à l’occasion, couper un arbre.

On ne veut pas raser un flanc de montagne au complet et ce n’est pas de ça dont on a besoin non plus pour pouvoir faire du ski dans les montagnes.

Guillaume Poulin, membre de Ski Eldorado Estrie

Sans compter que le groupe va essayer d’arrimer son travail avec les opérations forestières qui ont lieu dans le coin. « Pour nous, ça peut être un avantage. Les coupes qui seront faites vont parfois ouvrir de nouvelles pistes », note-t-il.

Projet de grandeur

Tout le travail est bénévole. Si l’engouement est aussi fort qu’espéré, Ski Eldorado pourrait tenter d’aller chercher du financement. Car en plus de voir à long terme, le groupe voit grand. « On vise d’autres sommets plus hauts, plus grands. Il y une zone où on pourrait avoir une descente d’un kilomètre de long avec un 350 mètres de dénivelé », se réjouit-il.

D’ici là, cependant, beaucoup de travail reste à faire. Une corvée est d’ailleurs organisée les 17-18 décembre prochains dans l’espoir que le projet pilote se réalise bel et bien cet hiver.

Et lorsque les premiers corridors ouvriront, Guillaume Poulin est certain de voir affluer les mordus de poudreuse le long de la frontière. Non seulement le potentiel de neige est grand – en altitude, le Mont-Mégantic situé tout près reçoit sept mètres de neige par année -, mais le sport gagne en popularité.

« Il y a des gens qui font 9 h, 10 h de route pour aller en Gaspésie faire ce sport-là, donc si on offre un site qui peut rivaliser avec la Gaspésie à une heure de Sherbrooke, à trois heures de Montréal, je suis certain qu’on va avoir beaucoup de monde. »

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