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Les partis d'opposition dénoncent les frais accessoires dans le domaine de la santé

Les partis d'opposition interpellent le ministre de la Santé Gaétan Barrette relativement aux frais accessoires dans le domaine de la santé et des services sociaux. Ils exigent l'arrêt de cette pratique dénoncée jeudi sur les ondes d'ICI Radio-Canada par le Carrefour d'entraide Drummond.

Un reportage de Jean-François Dumas

Le Carrefour affirme soutenir une vingtaine de malades défavorisés de Drummondville, référés par l'hôpital et le CLSC, avec son maigre budget de dépannage. Les malades doivent payer du matériel médical de leur poche, comme des bas compressifs, des médicaments et même des piles AA nécessaires pour faire fonctionner certains appareils lors d'un examen médical.

Sylvie Lejeune, directrice générale du Carrefour d'entraide Drummond, estime qu'il s'agit d'une façon détournée, pour les centres de santé, de se faire financer des équipements. 

Cette pratique révolte le député caquiste de Drummond, Sébastien Schneeberger. Il se dit outré de voir des patients démunis obligés de payer des médicaments et du matériel nécessaires à leur bien-être.

Un avis accablant du Protecteur du citoyen

Le Parti québécois dénonce également la situation et brandit, pour appuyer ses propos, le nouveau rapport de la protectrice du citoyen remis au ministre de la Santé, qui dénonce l'imposition des frais accessoires.

Selon le rapport, l'imposition de ces frais risque de contribuer à l'émergence d'un système à deux vitesses. Le député péquiste de Rosemont, Jean-François Lisée, estime qu'il s'agit d'une taxe santé déguisée.

« Ce n'est pas comme ça qu'on avait imaginé la santé, s'insurge-t-il. La Protectrice du citoyen, comme le Parti québécois, on réclame l'interdiction de ces frais-là. Ils devraient être inclus dans la rémunération des médecins. »

Le député péquiste et la porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, Diane Lamarre, demandent au ministre Barrette de renoncer à légaliser et à étendre les surcharges imposées aux patients.

Le Conseil de protection des malades soutient d'ailleurs que ces frais contreviennent à la Loi canadienne sur la santé.

« Tout ce que le gouvernement fera pour les baliser, comme le dit le ministre, n'est pas légal, soutient Me Paul Brunet, et je sais qu'il y a des recours qui sont sur le point d'être amorcés sur le sujet, et il va y en avoir d'autres. »

Le ministre de la Santé n'a pas accordé d'entrevue.

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