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Les popotes roulantes : plus de 220 000 repas livrés en Estrie, mais un service encore méconnu

Si l'expression « popote roulante » est connue à travers la province, le service reste souvent sous-utilisé par ceux qui pourraient en bénéficier, notamment en Estrie. Pourtant, ses avantages sont nombreux. Démystification d'un service qui roule sa bosse depuis déjà près de 50 ans au Québec.

Un texte de Christine Bureau

Le Centre d'action bénévole (CAB) de la région de Coaticook tient jeudi une journée visant à déboulonner au moins un mythe sur la popote roulante  : il n'y a que très peu de restrictions pour s'inscrire.

Selon les critères du CAB de Coaticook, toutes les personnes âgées de 50 ans et plus y ont droit, en plus des personnes en convalescence, de celles qui ont un handicap et des nouvelles mamans.

La preuve que le service est sous-utilisé? Le CAB, qui sert environ 7000 repas par année, aurait la capacité d'en servir le double.

Mais si les critères changent d'un CAB à l'autre, ils restent néanmoins semblables. Chez Sercovie, par exemple, qui sert 150 000 repas par année, l'âge d'admission pour les personnes qui ne répondent à aucune exception grimpe à 70 ans.

Le CAB de Richmond, de son côté, soutient également les proches aidants et leurs aidés parmi ses 98 bénéficiaires inscrits.

Un peu de réconfort

Malgré des critères d'éligibilité variés, la clientèle principale de la popote roulante reste les personnes âgées.

La professeure à l'École de réadaptation de l'Université de Sherbrooke, Mélanie Levasseur, soutient qu'il s'agit d'un facteur important pour le maintien à domicile.

« C'est vraiment une façon de s'assurer que les aînés qui sont en perte d'autonomie, qui ont de la difficulté parfois à se préparer des repas, vont bien manger, vont avoir les aliments nécessaires pour rester en santé », explique celle qui est également chercheuse au Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l'Estrie.

Sans compter que le service permet un contact vers l'extérieur. 

Plus de femmes?

Le service de popote roulante semble également plus méconnu chez les hommes, ou sinon moins populaire.

Les femmes représentent les deux tiers des inscriptions au CAB du Haut-Saint-François, 55 % au CAB de Windsor et 62 % au CAB de Magog.

Mélanie Levasseur avoue n'avoir aucun chiffre pour confirmer l'intérêt plus marqué des femmespour ce service, mais soutient que l'hypothèse n'a rien de surprenant. 

« Les femmes sont des fois davantage axées sur les services et les ressources de la communauté. [...] Elles vont consommer plus de services de soins de santé, par exemple des suivis médicaux », affirme-t-elle.

Il n'y a pas que la méconnaissance du service qui peut freiner le nombre d'inscriptions. L'orgueil entre aussi parfois en jeu, peu importe le sexe.

« L'être humain n'aime pas être vu comme étant dans le besoin, donc on va un peu pratiquer le déni », souligne Mme Levasseur.

De l'« huile de bras »

Pourtant, le prix du service le rend accessible à tous. Par exemple, un repas chaud incluant soupe et dessert est livré à la maison pour 5 $ par le CAB du Granit, qui couvre 16 municipalités. 

Un « beau service » qui roule en grande partie grâce aux nombreux bénévoles qui s'activent derrière les chaudrons ou le volant.

Le CAB de Stanstead, par exemple, compte 51 bénévoles parmi ses rangs, qui accumulent près de 1800 heures de travail par année. Du côté de Magog, 36 bénévoles se partagent plus de 3500 heures de bénévolat.

« C'est définitivement sous-reconnu au Québec. Le bénévolat de façon globale et générale, mais aussi celui qui est fait pour la popote roulante. Je pense qu'il faut de plus en plus le reconnaître », affirme Mme Levasseur.

Les popotes roulantes de l'Estrie livrent plus de 220 000 repas par année. 

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