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Les services du Centre d'intégration communautaire de Drummondville dénoncés

Même si des soins lui étaient apportés chaque semaine par des intervenants du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-Centre-du-Québec, c'est dans un logement insalubre et dépourvu de nourriture qu'une femme de Drummondville a rendu l'âme, ce que souhaite dénoncer sa famille.

Souffrant de dépression grave et victime de psychoses à répétition, Claudette Généreux avait coupé les ponts avec sa famille depuis cinq ans. Lorsque cette dernière a été appelée à nettoyer l'appartement de la dame de 71 ans après qu'elle y eut été retrouvée sans vie en juillet dernier, la famille a été surprise de retrouver le logement de la rue Lindsay, à Drummondville, en état de délabrement.

« Si vous aviez vu l'appartement, je vous le dis, c'est incroyable », insiste la nièce de Mme Généreux, Caroline Noreyko.

Ses proches et elle s'interrogent sur la prise en charge effectuée par le CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec. Deux fois par semaine, Claudette Généreux recevait la visite d'intervenants du Centre d'intégration communautaire de Drummondville pour lui administrer ses médicaments. Pourtant, personne n'a jamais été avisé que l'aînée vivait dans un loyer insalubre où elle n'avait pas de quoi manger, déplore Mme Noreyko.

« Le Centre d'intégration communautaire n'a pas fait son travail proprement, a manqué d'éthique et a manqué de jugement. Si des employés allaient chaque semaine lui administrer de la médication, je suis certaine qu'ils ne le faisaient pas dans le corridor, qu'ils ont dû entrer dans l'appartement » soutient-elle, tout en précisant que l'objectif est de dénoncer la situation et non de porter plainte ou d'entamer une poursuite.

Le CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec entend analyser le dossier.

« Chacun des événements malheureux nous préoccupe particulièrement et dans chacune de ces situations, on demande qu'une analyse soit éffectuée pour savoir si tout a été fait dans les règles de l'art en ce qui a trait à la prestation de services sécuritaires, assure le porte-parole du CIUSSS, André Sauvé. Et dans cette analyse on implique les intervenants et les médecins qui ont été concernés par le dossier. »

Des ressources demandées

Selon la directrice générale de l'organisme Le Tremplin, qui accompagne des adultes aux prises avec des problèmes de santé mentale, la situation peut s'avérer une nouvelle représentation du manque de ressources dans le réseau de la santé.

« Il y a certainement un manque de ressources qui est important. Dans notre organisation, mais dans le réseau de la santé aussi, c'est ce qu'on peut observer, l'esoufflement devant des situations de plus en plus complexes », mentionne Suzie Jean.

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