Retour

Loi 70: des professionnels en santé s'inquiètent

Des professionnels de la santé, qui oeuvrent à Sherbrooke, Longueuil, Montréal et Québec, demandent au ministre de l'Emploi, du Travail et de la Solidarité sociale de réviser la loi 70, adoptée le 10 novembre dernier.

Avec cette loi, le gouvernement pourra couper d'environ un tiers la prestation de base mensuelle de 623 dollars des nouveaux demandeurs d'aide sociale jugés aptes, mais qui refusent d'entreprendre un parcours de recherche d'emploi.

Cela ferait en sorte que ces assistés sociaux devraient se débrouiller avec une prestation de 399 dollars par mois.

Ces professionnels craignent que cette mesure entraîne encore plus de problèmes et mette de la pression sur le système. Une lettre, dans laquelle ils décrivent leurs inquiétudes, sera prochainement envoyée au ministre François Blais. Jusqu'ici, 141 personnes, incluant des infirmiers et des travailleurs sociaux, l'ont signée.

« Que ça entraîne encore plus de pauvreté. Plus de personnes à l'urgence et dans les cabinets de médecins, qui vont demander des contraintes à l'emploi, qui doivent être contresignées par un médecin. Que ça amène plus de personnes qui vont côtoyer les banques alimentaires, alors qu'elles sont déjà essoufflées », explique la médecin résidente en psychiatrie au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, Sarah Pham Thi Desmarteau, aussi signataire de la lettre.

Ressources débordées

Les signataires s'inquiètent également du suivi effectué auprès des bénéficiaires. « En pratique, on recommande nos patients à la première ligne, aux services communautaires ou aux travailleurs sociaux. Cependant, on rencontre des difficultés à orienter nos patients vers ces services, car ils ne sont pas assez nombreux, où il n'y a pas assez de fonds, les organismes sont essoufflés », ajoute Mme Pham Thi Desmarteau.

Les professionnels demandent aussi au gouvernement de revoir les critères du programme Objectif emplois, notamment qu'elles personnes pourraient être exemptées ou non. « Les critères d'ajustement ne sont pas vraiment détaillés dans la loi. Ce sont des règlements et ils pourraient faire l'objet de modification à tout moment », s'inquiète Sarah Pham Thi Desmarteau.

Les professionnels précisent qu'ils parlent en leur nom et non au nom de leur Centre intégré de santé respectif.

Plus d'articles