Retour

Lucille Phaneuf : le devoir de prendre le temps

Après une trentaine d'années d'engagement au sein du Cercle des fermières de Weedon, Lucille Phaneuf s'apprête à tirer sa révérence. La présidente a été de plusieurs causes afin de venir en aide aux démunis dans son patelin et aujourd'hui, elle demande seulement un peu de temps.

Un portrait de Carl Marchand

« Trop, c'est comme pas assez! Je vais m'en garder juste un peu », lance-t-elle, bien installée dans sa chaise berçante, en train d'avancer un tricot.

Parmi ses nombreux engagements, il y a le service de repas pour les familles endeuillées. « Ç'a commencé en 1990. Il n'y avait pas tellement de traiteur dans le temps », se rappelle Mme Phaneuf.

L'idée est de donner une pause à ceux et celles qui vivent la perte d'un être cher. La veille de funérailles, Lucille Phaneuf se rend donc à l'épicerie puis, le lendemain, une demi-douzaine de bénévoles s'activent pour préparer la nourriture et faire le service après les célébrations.

« C'est déjà assez coûteux des funérailles. Même encore aujourd'hui, c'est fait bénévolement. Les familles n'ont que l'épicerie à payer. C'est un service que monsieur le curé apprécie beaucoup ici à Weedon et les familles aussi. »

Ne comptez pas sur Mme Phaneuf pour vous livrer la recette de ses sandwichs, mais elle lance fièrement que le service rivalise avec celui de n'importe quel commerçant.

Mais il n'y a pas que pour la préparation de buffet que Lucille Phaneuf a mis la main à la pâte. Elle se charge aussi d'organiser des sorties culturelles pour les moins nantis et est engagée dans le Noël heureux depuis huit ans. Lors de chaque période des fêtes, des bénévoles sous sa gouverne recueillent, réparent et redonnent des jouets usagés. Des cadeaux remis en même temps que les paniers de Noël.

« On ramasse des listes de noms, on fait l'achat de cadeaux, on reçoit des jouets usagés, on les répare et après ça, on les lave et on achète ce qu'il nous manque. Habituellement, les enfants en ont trois ou quatre. »

La fin du Cercle des fermières? 

C'est toutefois avec un pincement au coeur que Lucille Phaneuf parle de ses années d'engagement dans la communauté. Le Cercle des fermières a vendu ses métiers à tisser l'automne dernier. L'heure est venue de passer le flambeau. Mme Phaneuf ne demande pas grand-chose : que quelqu'un lève sa main, sans quoi le regroupement pourrait cesser d'exister en juin 2017.

« S'il y en a qui sont prêtes à prendre la relève, je suis prête à donner un coup de main, assure la dame de 68 ans. C'est décevant parce que je suis là-dedans depuis 1982. La relève, il n'y en a pas. Les jeunes, ils n'ont pas le temps pour ça. »

Quand on lui demande si elle trouve que la vie va plus vite aujourd'hui, Lucille Phaneuf répond oui, sans hésiter.

À 68 ans, la native de Weedon se promet bientôt des journées moins chargées, avec son mari Gérard, ses trois enfants et ses sept petits-enfants. Puis, s'il lui reste un peu de temps libre, qui sait?

« La Société d'histoire de Weedon demande des bénévoles, peut-être que j'irai. »

Plus d'articles