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Manifestation des agriculteurs pour le maintien de la gestion de l'offre à Ascot Corner

Les producteurs agricoles du Haut-Saint-François ont manifesté à Ascot Corner, mercredi soir, pour exiger le maintien de l'intégralité de la gestion de l'offre.

Un texte de Marie-Claude Lyonnais

Les agriculteurs craignent que le Partenariat transpacifique (PTP) ne fragilise le système en place. Ce partenariat vise à libéraliser le commerce et les investissements entre 12 États autour de l'océan Pacifique, dont le Canada. Les négociations ont repris mercredi, à Atlanta, aux États-Unis, pour tenter de parvenir à une entente sur ce vaste accord.

Une quarantaine de personnes se sont réunies devant le centre communautaire d'Ascot Corner pour exprimer leur désaccord face à une possible dérèglementation de leur industrie. Une vingtaine d'agriculteurs sont venus en tracteur et en camion, et ont placé les véhicules le long de la rue Principale pour faire un coup d'éclat.

Des accords internationaux qui inquiètent

Dans le cadre des négociations du PTP, Stephen Harper promet de défendre le système de gestion de l'offre en agriculture, mais il ne garantit pas clairement son maintien intégral. Marcel Blais affirme que cela ne rassure pas les producteurs, qui ne veulent pas de demi-mesure.

La signature en 2013 d'un accord de libre-échange avec l'Union européenne n'est pas étrangère à leurs craintes. L'entente, qui n'est pas encore en vigueur, autorise l'importation de plus de 17 000 nouvelles tonnes de fromages européens, malgré le système de gestion de l'offre.

« Les fromages fins représentent 40 % de la production de fromage canadienne et 5 % de la production agricole du Québec. [Cette entente] est suffisante pour mettre les fermes en difficulté », soutient-il.

L'Estrie compte 548 entreprises laitières, 17 fermes de volaille et 6 producteurs d'œufs. « Il s'agit de retombées de 300 millions $ pour la région », soutient le vice-président des producteurs de lait de l'Estrie, Marcel Blais.

M. Blais soutient qu'une dérèglementation aura des impacts à grande échelle. Selon lui, les usines de transformation vont également en souffrir et des emplois seront perdus. Il affirme que tous les pays qui ont abandonné la gestion de l'offre ont vu la qualité de leurs produits diminuer, et que les consommateurs n'ont retiré aucun avantage.

Une manifestation en marge d'un débat

La manifestation se déroulait en marge du débat électoral des candidats de la circonscription de Compton-Stanstead, organisé par la Chambre de commerce du Haut-Saint-François.

Avant le débat, les candidats de l'opposition ont participé à la manifestation et appuyé les agriculteurs en faisant une déclaration commune sur leurs intentions de faire pression afin de maintenir la gestion de l'offre.

« Personne ne peut nier, entre nous trois, qu'il s'agit d'une importance économique pour nos petites régions, pour nos communautés. On est avec vous "all the way" », s'est exclamé le candidat néo-démocrate Jean Rousseau.

Marcel Blais était heureux de cet appui. « On veut que les candidats appuient et envoient un message fort. Qu'ils réitèrent leur engagement. »

Les protestataires ont poursuivi la soirée au centre de communautaire, où ils ont assisté au débat des candidats, débat qui devait d'ailleurs se clôturer verre de lait à la main, en portant un toast aux agriculteurs.

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