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Maxence Parrot, l'artiste de la planche à neige

Dans le monde du surf des neiges acrobatique, où la créativité et l'innovation représentent le lot quotidien des athlètes, Maxence Parrot est une figure de proue.

La saison se poursuit en fin de semaine à l’occasion du Dew Tour au Colorado, une des compétitions phares du circuit professionnel.

Parrot s'impose de plus en plus parmi les têtes d'affiche de ce sport qui comprendra deux disciplines aux prochains Jeux d'hiver, soit le big air (grand saut), qui s’ajoute au programme olympique, et le slopestyle (descente acrobatique).

À seulement 22 ans, Parrot est motivé par une seule idée : repousser les limites sur sa planche.

« La créativité, c’est vraiment important. C’est ça que j’aime du snowboard depuis que je suis tout petit, explique Parrot, croisé à Montréal lors d’une brève escale à la fin novembre. Il y avait toujours de quoi que je pouvais faire pour m’améliorer et puis là, je suis rendu à un point où tout ce qui a été fait, je le fais pas mal. Il faut que je crée des nouvelles choses et ça, c’est vraiment un sentiment extraordinaire de faire quelque chose qui n’a jamais été fait sur la planète. J’ai déjà quelques manoeuvres dans ma poche que je suis le seul au monde à faire. »

Parrot a été le premier à signer un quadruple périlleux en compétition. Il a aussi été le pionnier des trois triplés consécutifs qu'il a réussis pour la première fois lors de l’Open de Laax, en Suisse, en janvier dernier.

Rien ne paraît impossible pour le jeune homme de Bromont.

« Il y a un mois, j'ai réussi à faire le double backside rodéo 1440. C’est un peu du chinois, mais c’est une nouvelle manoeuvre qui n'a jamais été faite sur terre », lance fièrement Maxence.

Une manœuvre qui n'avait jamais été réalisée jusqu’alors, mais qui sera probablement imitée d'ici peu.

« [Le double rodéo], c’est deux vrilles par en avant, donc on saute dans l’axe contraire du saut, ce que peu de gens font parce que c’est très dangereux; et 1440, c'est quatre tours de côté avec deux périlleux avant », décrypte le jeune homme.

La profondeur de l’équipe canadienne

La compétition est vive chez les planchistes d'élite et le talent abonde, particulièrement au Canada.

Le nouveau saut du Bromontois a déjà été vu près de 60 000 fois sur YouTube.

Parrot a pour l'instant un atout majeur par rapport à ses rivaux, mais peut-être pas pour bien longtemps.

La rivalité au sein de l’équipe unifoliée augmente constamment.

« D'année en année, il y a de plus en plus de Canadiens qui deviennent forts et qui poussent derrière nous autres. Dans l'équipe canadienne, on est cinq ou six à être très, très bons. C’est sûr que ça ajoute une petite pression parce que ça va être plus dur de se qualifier pour les Olympiques », raconte-t-il.

Avec sa médaille d'argent à l'épreuve-test de Pyeongchang le 26 novembre, Parrot se rapproche des Jeux d’hiver en Corée du Sud qui se tiendront du 9 au 25 février 2018.

Il se promet d’y venger sa 5e place décevante aux Jeux de Sotchi en slopestyle. Il était premier après la phase de qualifications.

Pour obtenir un des deux billets disponibles cette saison, le planchiste doit monter sur deux autres podiums lors d'événements ciblés par la Fédération canadienne de surf des neiges. Deux autres places devraient être accordées dans l’équipe olympique un mois avant les Jeux, en janvier 2018.

Avec des compétiteurs comme Mark McMorris et Sébastien Toutant, la lutte s’annonce féroce.

« Mon but, c’est de me qualifier dès cette année. Comme ça, j’aurai la tête reposée pour le reste de l’année », explique Maxence.

Et il promet d’obtenir son laissez-passer olympique tout en continuant d'innover.

« J'ai toujours plein d'idées dans ma tête, mais je me garde ça pour moi. [...] Vous allez voir de nouvelles manoeuvres atterries dans les prochains mois, prochaines semaines. »

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