Si vous croisez Maxime Fabi dans l'un des points de vente des Brûleries Faro, vous le prendrez peut-être pour un barista. 

Un portrait de Carl Marchand

Le complet-cravate, très peu pour le trentenaire qui a repris l'entreprise fondée par son père Jean-Louis en 1982. Son look décontracté ne l'empêche pas d'être à la tête d'un torréfacteur qui produit maintenant 1,3 million de livres de café chaque année à partir de Sherbrooke.

« J'ai toujours su que je ferais ça, explique-t-il, attablé à la brûlerie de la rue Wellington Nord. Mon père, mon grand-père, mes oncles. Dans la famille, tout le monde est en affaires. Je ne me suis jamais posé la question. »

À 14 ans, il commence donc à préparer des mélanges les soirs et les fins de semaine. « Je venais quand ça me tentait, quand j'avais besoin d'argent. Disons que je n'étais pas l'employé modèle », avoue-t-il sans détour.

Chemin faisant, il apprend cependant tout ce qu'il y a à savoir sur le café. Une expérience qui lui sert encore aujourd'hui quand vient le temps de conclure une vente.

Se défaire de l'image du fils à papa

« Ton père est passé avant toi ». Maxime Fabi l'a souvent entendue celle-là et admet qu'il a dû trimer dur avant qu'on arrête de lui demander s'il travaillait pour son paternel.

C'est justement pour aider le patriarche qu'il prend un plus gros rôle dans l'entreprise en 2003. Constat difficile : l'affaire familiale est loin de rouler sur l'or et enregistre des pertes. « On se dit tout le temps : "Le plus fort c'est mon père", mais ç'a été un gros reality check. »

L'année suivante, il ouvre boutique sur « la Well », dans le cadre de ses stages universitaires en Administration à l'Université de Sherbrooke. « Je trouvais que les stages qu'on me proposait étaient poches », lance-t-il simplement.

Trois-Rivières, la ville de tous les possibles

C'est toujours pendant ses études universitaires que Maxime Fabi a pu s'affirmer comme gestionnaire.

Un important client de Trois-Rivières déclare faillite et doit de grosses sommes à l'entreprise. Pour sauver la mise, Fabi reprend la gestion du commerce. Le matin, il s'entraîne avec ses coéquipiers Vert et Or en Soccer, puis saute dans sa voiture. Il revient à Sherbrooke le soir pour suivre ses cours.

Cet horaire chargé finit par payer. Fabi récupère ses billes, vend le commerce et signe un contrat d'approvisionnement de dix ans. L'un de ses meilleurs coups en carrière.

Pour la petite histoire, Maxime Fabi ne complètera jamais son baccalauréat. Il est présentement étudiant au MBA à l'Université de Sherbrooke.

De l'importance de la critique et d'attendre le bon moment

Malgré ses 33 ans, Maxime Fabi peut se permettre d'offrir des conseils aux aspirants entrepreneurs. Le premier : trouvez la bonne occasion.

« Ouvrir un restaurant italien quand tu n'es pas italien, ce n'est pas gagnant, illustre-t-il. Il y a plein d'entrepreneurs qui se cherchent de la relève. C'est tout aussi honorable. »

L'autre conseil est peut-être plus difficile à assimiler : écouter les voix discordantes. Il se dit lui même bien servi avec sa petite armée de 40 baristas.

« Il n'y a rien de plus critique qu'un barista. C'est une bibitte spéciale », indique le jeune entrepreneur. Mais ce sont justement ces commentaires qui permettent d'améliorer la qualité du produit et d'être certain de ce qu'on avance. Bref, si vous n'arrivez pas à convaincre vos employés, comment convaincre les clients?

Aujourd'hui, Maxime Fabi se trouve de plus en plus à l'aise dans le modèle d'affaires de son entreprise. L'ensemble des activités a été regroupé sous la bannière FARO (pour Fabi et Robert, les noms de famille de ses parents) il y a deux ans. Et il vient de connaître en mai 2016 son meilleur mois de vente à vie.

« Mais je n'ai jamais le sentiment du devoir accompli. C'est une fierté, mais je ne serai jamais satisfait de ça. Ce n'est pas ce qui m'anime. » La fierté, c'est cliché, répète-t-il, mais c'est dans son équipe qui atteint maintenant 71 employés. « Quand j'ai commencé, on était une vingtaine. C'est l'fun. »

Et puis, il y a tellement à faire que son père est toujours à ses côtés dans l'entreprise familiale.

« Mon père n'a jamais travaillé autant de toute sa vie. Il pense qu'il est sur le bord de la retraite, mais je peux te jurer que non! »

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