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Mérite estrien : Alain Villeneuve, l'arbitre qui voulait simplement courtiser sa future épouse

Au milieu des années 1970. Alain Villeneuve se retrouve sur la glace d'un aréna de son Sept-Îles natal. Pendant une partie de hockey, l'adolescent remarque une jeune femme dans les gradins. Il en parle à son coéquipier, un certain Guy Carbonneau.

Un portrait de Carl Marchand

Pas de chance, apprend-il, la demoiselle n'est pas intéressée par les joueurs de hockey. Mais Villeneuve a une idée derrière la tête.

« J'ai commencé à arbitrer le volleyball, parce qu'elle pratiquait le sport. Je ne connaissais rien au volleyball! », se rappelle-t-il en riant.

Six mois plus tard, le jeune arbitre arrive à convaincre sa flamme, Manon Lavoie, de le fréquenter. Mais sans le prévoir, le jeune courtisan découvre une autre passion : l'arbitrage. Villeneuve se met à enfiler des habits d'officiel aussi souvent qu'il peut, au hockey, au baseball, au basketball.

Puis, dans les années 1980, le couple s'installe à Sherbrooke. Alain Villeneuve rencontre le journaliste Jean-Paul Ricard qui lui indique que le club local de boxe manque d'officiels. C'est à ce moment qu'il fait son entrée dans le monde du noble art sans jamais en ressortir.

« À la boxe, si tu ne les respectes pas les règlements, tu es tout de suite sanctionné », lance Villeneuve, pour expliquer son amour du sport. Et comme je ne suis pas très grand, lorsqu'on veut séparer deux grands bonshommes, c'est plus facile à la boxe qu'au hockey! »

L'un des rares professionnels au Québec

Aujourd'hui, il cumule plus de 1000 combats amateurs et près de 200 chez les professionnels. Celui qu'on surnomme « Monsieur Smiley » dans le milieu, est l'un des six arbitres de boxe professionnelle au Québec.

Bon an, mal an, l'officiel du World Boxing Council (WBC) monte sur le ring de 15 à 20 fois. Une passion qu'il combine avec son travail dans le monde financier. Pour que l'arbitrage soit son seul gagne-pain, il aurait fallu s'expatrier aux États-Unis. Un choix impossible à concilier avec la vie de père et de conjoint.

S'il pouvait établir une carte de rêve, sans hésitation, Alain Villeneuve aimerait voir un affrontement entre Adonis Stevenson, champion du monde poids mi-lourds WBC et Jean Pascal.

« Les deux ne sont pas capables de se sentir. Ce sont deux athlètes incroyables et je les ai tous les deux vu grandir. Ça serait un très bon combat. »

Et ce serait d'une pierre deux coups, car il manque encore une chose à la fiche d'Alain Villeneuve : être celui qui lève le poing d'un champion du monde pour le déclarer vainqueur. « J'espère le faire avant d'accrocher ma boucle. »

La ceinture tatouée sur le corps

Et Villeneuve est prêt. Tellement qu'il s'est même fait tatouer une ceinture de boxe dans le dos. On y retrouve le nom de sa femme, de ses deux enfants puis, trois fois la lettre « P », pour son leitmotiv : passion, persévérance et positivisme. Mais le tatouage n'est pas encore terminé.

« J'ai laissé une espace libre. »

Pourquoi?

« Pour inscrire la date où j'arbitrai un combat de championnat du monde. »

Patience, se dit Villeneuve, convaincu que son tour viendra. Et il ne se plaint pas. Manon, celle qu'il voulait courtiser en enfilant les habits d'arbitre il y a 35 ans, l'accompagne pour chacun de ses matchs, que ce soit au pays ou à l'étranger.

« Je n'aurais jamais pensé que l'arbitrage me mènerait aussi loin! »

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