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Meurtre d'Alain Bernard : témoin récalcitrant et enregistrements gênants

Un témoin pour le moins récalcitrant s'est présenté à la barre au procès d'Anthony-Tristan Bernard, lundi. Alain Béliveau, ancien colocataire de l'accusé, a affirmé ne pas vouloir témoigner. Le juge lui a signifié qu'il n'avait pas le choix.

Alain Béliveau purge une peine de prison à vie pour le meurtre d'Alain Bernard survenu à Granby en août 1987. Au moment de son interrogatoire lundi, l'homme offrait des réponses qui manquaient de précisions. Il a soutenu qu'il était souvent sous l'influence de la drogue à l'époque et que sa mémoire pouvait en être altérée.

Alain Béliveau a ensuite été invité à lire la transcription d'une déclaration qu'il a faite en 2008, ce qui s'est avéré impossible, le témoin soutenant avoir besoin de lunettes pour lire et soutenant qu'il ne connaissait pas sa prescription. Le juge lui a fait essayer quatre paires de lunettes différentes, l'avocat de la Couronne lui a aussi prêté les siennes, mais le témoin persistait à dire qu'il ne voyait rien. 

Le témoignage d'Alain Béliveau se poursuit mardi.

Un agent d'infiltration à la barre des témoins

Plus tôt, un agent d'infiltration a aussi été entendu. L'agent a rencontré l'accusé en 2009 et enregistré certaines conversations. Ces bandes audios ont été présentées aux douze membres du jury.

La Couronne espère démontrer qu'Anthony-Tristan Bernard a comploté avec son colocataire de l'époque, Alain Béliveau, et son cousin Patrice Bernard pour assassiner la victime.

« J'avais eu l'information qu'Alain Béliveau serait impliqué. Le but était d'entrer en contact avec lui et de tisser un lien de confiance », a expliqué l'individu qui témoigne sous le couvert de l'anonymat. Afin d'obtenir de l'information, l'agent a prétendu être un criminel membre d'une organisation tentaculaire. 

Retour sur le jour du meurtre

Le 12 mai 2009, Alain Béliveau et Antrony-Tristan Bernard étaient à bord de la voiture de l'agent d'infiltration. Leur conversation a été captée par un dispositif d'écoute.

On y entend Alain Béliveau dire à l'accusé que « quelqu'un quelque part a parlé ». Anthony-Tristan Bernard jure n'en avoir parlé à personne. « Même pas à un prêtre, à personne personne, même pas à ma soeur », aurait dit l'accusé.

Au cours de la conversation, Alain Béliveau raconte ce qui se serait passé le soir du meurtre.

Anthony-Tristan Bernard serait alors intervenu et aurait dit : « Attends une minute, es-tu une police toi? » en s'adressant à l'agent infiltrateur.

Alain Béliveau aurait alors tenté de rassurer Anthony-Tristan Bernard en disant : « On a fait ce qu'on avait à faire, tu nous a ramassés, on est monté à Montréal, on a "crissé" le gun sur le bord de la 10 ».

L'accusé aurait aussi affirmé que son cousin Patrice lui disait souvent qu'il avait peur que cette histoire refasse surface. Il tentait alors de le rassurer et lui rappelait l'importance de garder le silence.

Le procès, qui en est à sa sixième journée, se tient au palais de justice de Sherbrooke.

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