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Mobilisation dans le milieu communautaire : la ministre Charlebois s'interroge sur l'appui de la communauté

Alors que des dizaines d'organismes communautaires de l'Estrie suspendent leurs activités mardi et mercredi afin de réclamer un meilleur financement, la ministre déléguée à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, s'interroge sur le faible appui de la communauté pour expliquer leur manque à gagner. Du même souffle, elle soutient que l'enveloppe budgétaire offerte par Québec a augmenté de 80 % depuis 14 ans. 

À son avis, le gouvernement provincial ne peut soutenir financièrement à lui seul le milieu communautaire. La communauté doit davantage contribuer à son essor.

« Les organismes communautaires émanent de la communauté. Or, si les organismes communautaires peinent à avoir du financement dans leur propre communauté. Ça veut dire que la communauté n'est pas derrière eux. Je me pose de sérieuses questions », a-t-elle dit au micro de C'est pas trop tôt en Estrie.

La ministre est consciente que son ministère « doit faire mieux » et doit revoir « l'ensemble de l'oeuvre » afin d'améliorer le financement des organismes communautaires. Elle affirme que son ministère y « réfléchit » déjà. 

Mobilisation de deux jours

Quelques dizaines de manifestants se sont d'ailleurs regroupés pendant près de trois heures devant les portes de l'édifice gouvernemental situé au 200 rue Belvédère Nord, à Sherbrooke. L'action donnait le coup d'envoi à 48 heures de mobilisation aux 4 coins de la province et de l'Estrie.

Certains des intervenants du milieu ont réagi aux propos de la ministre Lucie Charlebois.

« Quand elle dit que l'argent doit venir de la communauté, de quelle communauté parle-t-elle? Quand on va dans les rues pour décrier des injustices sociales, pensez-vous que la communauté qui a de l'argent va financer les groupes de défense de droits. On veut aussi garder notre autonomie », soutient le coordonnateur de l'Association des locataires de Sherbrooke, Normand Couture.

Également interpellé sur cette question, le coordonnateur de la Table ronde des organismes volontaires d'éducation populaire de l'Estrie, Alexandre Lavallée, croit que les organismes communautaires se battent suffisamment pour obtenir l'appui des citoyens.

« Rappelons-nous qu'il y a 4000 organismes d'actions communautaires autonomes. Il n'y a pas tant de citoyens dans la population qui ont les moyens de financer les groupes communautaires. On travaille principalement avec des gens appauvris, des gens qui sont vulnérables. Ces gens n'ont pas les moyens de manger, ils n'auront pas plus les moyens de nous financer », croit-il.

Mardi, différents groupes communautaires tiendront plusieurs activités dans les rues de Sherbrooke et, mercredi, l'ensemble des organismes communautaires de l'Estrie se rassemblera au Bingo Abénaquis dès 13 h pour une grande marche.

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