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Moins de soucis financiers pour Sébastien Beaulieu

Sébastien Beaulieu avait l'impression de devoir soulever des montagnes quand, privé de son brevet d'athlète, il a lancé sa campagne pour financer sa saison olympique. Quatre mois plus tard, le planchiste de Sherbrooke est près de son objectif de 35 000 $, grâce à des entrées d'argent inattendues.

Un texte de Guillaume Boucher

Sébastien Beaulieu a reçu quelque 30 000 $ depuis juin, après avoir su qu’il n’aurait pas de brevet de Sport Canada, même s’il remplissait les critères d’admissibilité.

La première bonne nouvelle est venue rapidement, en juin. Il a obtenu de Sports Québec le statut d’excellence, assorti d’une bourse de 10 000 $ (500 $ par mois et un retour d’impôt de 4000 $).

« J’ai plaidé auprès de Sport Québec que même sans brevet de Sport Canada, je remplissais les critères pour avoir le statut d’excellence. Je savais que j’avais des chances, mais il n’y a rien de sûr quand tu appliques, explique le champion canadien de slalom géant en parallèle. Ç’a été un énorme soulagement, un stress de moins. »

Le chèque de 6000 $ qu’il a reçu du Fonds des athlètes canadiens, un organisme à but non lucratif qui lève des fonds et sollicite des entreprises pour aider des espoirs ou athlètes olympiques, était encore plus inattendu.

« Ça faisait quatre ou cinq fois que j’appliquais, mais je ne l’avais encore jamais reçu », dit-il.

L’autre partie du financement qu’il a reçu vient surtout de commandites d’entreprises et d’organismes de l’Estrie. Il en sollicitera d’autres au cours des prochaines semaines pour espérer atteindre son objectif de 35 000 $.

Le grand public a été très généreux dans la campagne d’autofinancement qu’a menée Sébastien Beaulieu, l’an dernier, lorsqu'il a été privé de son brevet senior pour une première fois. Le planchiste de 26 ans le sollicite encore cette fois-ci, sur son site Internet entre autres, mais sans en faire une priorité.

« Je n’allais pas me priver »

Sébastien Beaulieu a établi une ligne directrice pour sa saison avant même de lancer sa campagne : se donner toutes les chances de se qualifier pour ses premiers Jeux olympiques, peu importe les obstacles financiers.

« Même si je n’amassais pas les montants nécessaires, je n’allais pas me priver d’entraînement, de camps et de compétitions, explique-t-il. Si je n’avais pas eu l’argent nécessaire, j’aurais trouvé une autre façon de participer à des camps. »

Il s’est d’ailleurs offert un premier camp, au Chili, du 12 août au 3 septembre. C’était l’occasion pour lui de tester l’épaule pour laquelle il s’est fait opérer en avril après avoir subi une luxation en janvier. À ce chapitre, les exercices de départ ont été difficiles. « C’est un mouvement qu’on doit effectuer très rapidement. J’y travaille », dit-il.

Jusqu’à son prochain camp, au Yukon, en novembre, il pourra faire autant d’exercices de départs qu’il le voudra chez lui, avec le portillon que lui a prêté l’ancienne spécialiste du snowboard cross Dominique Maltais, spécialement conçu pour l’entraînement hors neige.

Quand il commencera sa saison de Coupe du monde à la mi-décembre, Sébastien Beaulieu sera en audition. Il espère en faire assez pour être retenu dans l’équipe olympique sur la base d’un choix discrétionnaire de Snowboard Canada. Un podium ou deux tops 12 en Coupe du monde pourraient l’assurer d’une qualification, mais ça ne lui apparaît pas très réaliste. Le meilleur résultat de sa carrière est une 21e place.

« Si je pouvais seulement me qualifier pour une finale [un top 16, NDLR] avant Noël, ce serait un gros pas dans la bonne direction, croit-il. Je veux aussi remonter au classement. Aux Jeux, dans mon épreuve, il n’y aura que 32 planchistes, tous pays confondus. Je suis 39e en ce moment, j’ai du rattrapage à faire. »

Une participation aux Jeux lui donnerait aussi un coup de pouce financier. Les athlètes qui s'y qualifient sans brevet de Sport Canada sont par exemple admissibles à un brevet olympique, qui vient avec un financement de 6000 $.

Se présenter comme athlète olympique aux portes de commanditaires, si jamais il devait recommencer pour une troisième fois de suite son exercice d’autofinancement, jouerait aussi en sa faveur.

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