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Neuf plaintes contre Trudeau pour une rencontre citoyenne seulement en français

Neuf plaintes ont été déposées auprès du commissaire aux langues officielles du Canada après que le premier ministre Justin Trudeau eut préféré répondre en français à des questions posées en anglais lors d'une rencontre citoyenne tenue la veille, à Sherbrooke.

Un texte de François Messier

Le porte-parole du Commissaire aux langues officielles, Nelson Kalil, a indiqué jeudi que ces plaintes feront l'objet d'une enquête, afin de déterminer si le premier ministre a enfreint la Loi sur les langues officielles. C'est le Bureau du conseil privé - le « ministère du premier ministre » - qui est visé par l'enquête, puisque le commissaire ne peut s'intéresser à un individu en particulier. Le processus pourrait prendre de trois à six mois.

En conférence de presse plus tôt dans la journée à l'Université Bishop, M. Trudeau a d'abord vanté les vertus du bilinguisme canadien et ses engagements en la matière. Un journaliste anglophone s’est rapidement empressé de le relancer dans la langue de Shakespeare, quitte à prendre la place d’une autre journaliste qui attendait son tour, en soulignant qu’il y avait 700 000 Anglo-Québécois.

« Quand j’étais à Peterborough, il y a quelques jours, j’ai pris une question en français et j’y ai répondu en français », a alors répondu le premier ministre, en anglais. « La rencontre [de mardi] était en français. J’étais heureux de répondre à des questions en anglais; j’ai été surpris, pour être franc, qu’il y en ait autant » , a-t-il ajouté.

Je comprends l’importance de parler français, de défendre la langue française au Québec, et c’est ce que je vais continuer de faire, tout en respectant les droits des minorités linguistiques partout au pays.

Justin Trudeau

Quelques minutes plus tard, le premier ministre a été relancé à ce sujet par la chef du bureau parlementaire de Radio-Canada à Ottawa, Emmanuelle Latraverse. Doit-on comprendre que le francophone de Peterborough et l’anglophone de Sherbrooke ne méritaient pas de comprendre la réponse dans leur langue maternelle, lui a-t-elle demandé en substance.

« Effectivement, j’aurais peut-être pu répondre en partie en anglais et en partie en français. Sur réflexion, ça aurait été une bonne chose à faire », a alors convenu le premier ministre.

« Je suis très conscient qu’au Québec c’est la langue de Molière qui prend le dessus, a-t-il expliqué. Il faut toujours respecter la réalité et les difficultés auxquelles font face les communautés linguistiques en situation minoritaire. Je suis toujours très sensible à ça. J’ai eu comme principe que j’allais faire l’assemblée en français ».

Les prochaines fois, je vais m’assurer d’amener un peu plus de bilinguisme où que je sois au pays.

Justin Trudeau

Après avoir suscité de vives réactions de la communauté anglophone au Québec, le premier ministre canadien a fait son mea culpa, mercredi, convenant qu'il aurait pu agir autrement.

Une annonce pour Lac-Mégantic « dans les mois à venir »

Le premier ministre est par ailleurs demeuré circonspect lorsqu’on lui a demandé si la voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic, réclamée par la population dans la foulée du tragique accident de train de juillet 2013, sera construite à l’horizon 2020-21.

Soulignant qu’il avait discuté avec le maire et des citoyens de la municipalité au cours des dernières heures, M. Trudeau s'est borné à dire qu’une annonce surviendrait « dans les mois à venir, sûrement », mais qu’il était encore « trop tôt pour en parler ».

Je suis optimiste que ça s’en vient dans la bonne direction, mais il y a encore beaucoup de travail à faire.

Justin Trudeau

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