Retour

Newport laissée en plan après l'affaire Jay Peak 

Les accusations de fraude déposées contre les propriétaires de la station Jay Peak, au Vermont, ont des répercussions jusque dans la petite ville de Newport. Là-bas, un « trou » défigure le centre-ville, un héritage des promesses laissées par les investisseurs.

« Ce qui fait mal, c'est qu'ils avaient annoncé la construction d'une usine de biotechnologie, une usine pour faire des traitements au niveau biomédical. Ça fait des années que tout le monde en parle. Ils avaient même acheté un terrain », relate l'avocat-criminaliste Jean-Pierre Rancourt, qui possède un restaurant à Newport avec sa conjointe. 

L'usine de biotechnologie et le projet Renaissance - qui prévoyait un stationnement souterrain, des espaces de bureaux, des magasins - devaient attirer 250 employés, selon les estimations du maire de Newport, Paul Monette.

Comme il fallait bien loger ces employés, les investisseurs ont acheté puis démoli une partie du centre-ville afin d'y construire des condos, hôtels et autres boutiques.

Les propriétaires de la station de ski Jay Peak au Vermont, Ariel Quiros et Bill Stenger, sont accusés d'une importante fraude évaluée à 200 millions de dollars américains.

Ils auraient détourné l'argent d'investisseurs étrangers en profitant du programme américain EB-5. Selon ce programme, des investisseurs américains qui investissent 500 millions de dollars dans une entreprise obtiennent en retour une « carte verte », leur permettant de venir vivre et travailler aux États-Unis.

« Les gens avaient confiance parce que [le programme] était supervisé par l'État du Vermont », raconte Me Rancourt.

Dans un programme EB-5, l'investissement est toujours considéré comme risqué, mais dans le cas de Jay Peak, les propriétaires auraient utilisé un stratagème à la Ponzi.

Quant au maire de Newport, il estime que les arrestations porteront un dur coup à l'économie de la ville.

Encore des emplois à Jay Peak 

Les effets du programme EB-5 sont néanmoins visibles à la station de ski.

« Ceux qui connaissent Jay Peak ont vu le développement. Là-bas, c'est épouvantable. On a mis près de 300 millions; un aréna flambant neuf, un golf extraordinaire, un centre aquatique, des hôtels », énumère Me Rancourt. Les deux propriétaires avaient également acheté Burke Mountain et bâti un hôtel, poursuit-il.

En attendant la fin de l'enquête, c'est le groupe Leisure Hotels and Resorts qui agit dorénavant comme un tiers pour gérer la station.

Malgré les circonstances, le PDG du groupe, Steve Holson, se fait rassurant. « On veut que les gens comprennent qu'ils ont encore un boulot et que les entreprises demeurent ouvertes », assure-t-il.

Plus d'articles

Commentaires